Réduire les écarts langagiers entre élèves à la maternelle
Accompagner l’apprentissage du français a toujours été au cœur des préoccupations des enseignants de l’école maternelle. La tâche est pourtant plus difficile qu’il n’y parait, dès lors que l’on considère qu’il faut aussi préparer les élèves à se servir du langage pour penser, apprendre, agir dans des situations scolaires.
Pourquoi Fatima ne répond-elle pas « présente » lorsque l’enseignant fait l’appel ? Pourquoi Matéo, Brice et Mustapha quittent-ils le groupe lorsque l’enseignant de petite section annonce « je vais vous lire une histoire » ? Pourquoi Djilali est-il persuadé que la « maitresse est méchante », alors qu’il s’est appliqué à colorier sans dépasser des formes géométriques en oubliant de s’intéresser aux formes elles-mêmes ? Pourquoi Ismène proteste-t-elle : « La maitresse, elle dit qu’il faut que je réfléchisse dans ma tête, mais je sais pas ce qu’y a dans ma tête. » Pourquoi Léa répond-elle par monosyllabes, alors qu’est attendue une phrase ?
D’année en année, de programme en programme, la priorité du langage à l’école maternelle est réaffirmée, car c’est là que se manifestent le plus les différences socioculturelles entre enfants. Malgré une fréquentation massive de l’école maternelle, les écarts se creusent entre ceux qui sont en connivence avec les pratiques langagières scolaires et ceux qui en sont éloignés. Pour faire face, l’école doit éviter deux pièges : celui du spontanéisme qui laisserait à penser qu’il suffit que les enfants s’expriment, prennent la parole en grand groupe, « fréquentent »1 la lang…