Logique sociale, logique scolaire
Les élèves ne sont pas sur un pied d’égalité face aux tâches auxquelles les soumet le travail scolaire, dont la complexité échappe largement à certains.
L’idée convenue selon laquelle les résultats préoccupants obtenus par l’école française dans les enquêtes internationales seraient dus à une démission de l’école, des parents ou à une absence de travail des élèves est battue en brèche dès qu’on étudie de près le travail des uns et des autres. Il est ainsi pour nous plus important d’analyser comment les mises en situation de travail conduisent involontairement des élèves à passer à côté des apprentissages, afin de rendre compte des difficultés constatées.
En effet, en analysant les situations de travail actuelles, on peut émettre des hypothèses : les supports de travail, les situations d’apprentissage construites dans les classes sont à faible cadrage de l’activité et des objets cognitifs en jeu et à faible classification des objets de savoir sollicités comme de ceux qui sont à apprendre. Le discours enseignant lui-même est souvent plus régulateur de l’activité des élèves et « enseigne peu »1. Ces situations accroissent sans doute les inégalités, dans la mesure où les élèves ne les investissent pas tous avec les mêmes enjeux de savoir, d’apprentissage, d’activités cognitives, sans d’ailleurs que ces différences soient identifiables par l’enseignant dès lors que les tâches sont effectuées. Il en est ainsi lorsque certain…