Le projet, un générateur de situations complexes

Publié le Lecture : 21 min

510-logo-200.jpgLes compétences ne s’enseignent pas, elles se construisent au gré d’une confrontation à des situations complexes que la dynamique d’un projet peut engendrer sans que le professeur ait besoin de les créer de toutes pièces.

L’insistance des systèmes éducatifs sur le développement de compétences a donné une actualité nouvelle aux démarches de projet. Elles faisaient et font toujours partie du patrimoine des mouvements pédagogiques, de l’école nouvelle, de l’éducation alternative1. Proposées à des professeurs chargés de développer des compétences, elles risquent, comme le « texte libre » de Freinet, de perdre leurs racines et leur cohérence. Tentons au moins d’éviter la confusion.

Le projet, un travail au service des apprentissages

Pourquoi mettre les élèves en projet ? Pour les occuper, pour meubler les moments durant lesquels il est difficile de les mettre au travail ? Certainement pas. Le projet n’a de place en classe que s’il induit des apprentissages identifiables qui, de plus, s’inscrivent dans les objectifs de la formation.

Il faut cependant relativiser ces deux exigences. Dans une démarche de projet, il n’est pas toujours facile de savoir ce qu’apprend chaque élève, puisque tous n’accomplissent pas les mêmes tâches et, à tâche semblable, ne s’y impliquent pas également. Par ailleurs, un projet peut contribuer à des apprentissages forts divers : élargir ou consolider des connaissances, mais aussi développer des compétences ou des attitudes, ou encore contribuer à renforcer l’identité ou la confiance en soi. Toutes choses difficiles à mesurer.

Quant à l’inscription des apprentissages dans un curriculum, il faut la concevoir de manière assez souple. Une démarche de projet peut engendrer des apprentissages intéressants, mais qui ne figurent pas au programme de l’année en cours. Le professeur qui invite ses élèves à s’engager dans une telle démarche doit certes avoir un objectif en tête, mais sans s’y attacher de manière obsessionnelle, au risque d’empêcher des apprentissages intéressants pour la simple raison qu’il ne les avait ni voulus, ni même anticipés.

Si une démarche de projet crée, davantage peut-être que d’autres formes de travail scolaire,…

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