Vers un choc citoyen de fraternité

Publié le Lecture : 16 min

Couverture du numéro 603, « École et pauvreté »

L’école ne sait pas combattre les inégalités qui pèsent sur les enfants et les jeunes de milieux populaires. Comment pourrait-elle en prendre le chemin ?

Il faut commencer par dire qu’il est fondamental de faire du débat sur l’école un débat citoyen, qui dépasse le cercle étroit des experts et des initiés, pour y associer les parents d’élèves, les collectivités locales, les associations, et, au-delà, toute la population, dont les milieux populaires. Associer les milieux populaires, car ils sont les mieux placés pour parler des difficultés rencontrées par leurs enfants et parce que rien ne se fera de solide dans la lutte contre les inégalités si les milieux populaires ne parviennent pas à peser sur les choix des politiques publiques d’éducation, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Si on leur donnait davantage la parole, on s’apercevrait que les familles qui sont les victimes des inégalités demandent que la nation se mobilise pour la construction d’une école de la réussite pour tous, c’est-à-dire une école pensée et organisée pour leurs enfants aussi, et pas seulement pour ceux qui vont bien. Nous ne répondrons pas à cette demande d’égalité sans un effort collectif de solidarité et, sans doute plus encore, de fraternité.

Sans prétendre à l’exhaustivité, quels pourraient être les leviers pour mieux combattre les inégalités ?

Les enseignants, et tous les personnels

Toutes les études internationales le montrent, il y a une concordance entre le degré de satisfaction des enseignants dans leur métier et les résultats de leu…

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