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Tablettes à l’école, la quête du contenu

D’habitude, nous n’aimons pas trop l’entrée par l’outil, réductrice et occultant souvent l’essentiel, à savoir les usages, mais là, c’était pour la bonne cause. En effet, parce que nous pensons indispensable de mieux faire connaitre les besoins des enseignants aux éditeurs de contenus, et utile de découvrir leurs propositions pour nos élèves, e.l@b se félicite d’avoir été partenaire d’une rencontre organisée par le CRAK (Cercle des éditeurs d’applications pour les kids) le 25 septembre dernier à Paris. Cette manifestation a rassemblé des responsables du ministère de l’Éducation nationale, des éditeurs d’applications pour tablettes ainsi que des enseignants pionniers ou simplement curieux.

Tendance, légère, mobile et facile à utiliser, la tablette semble à l’évidence particulièrement adaptée aux usages en classe, dès la maternelle. Elle permet la création de contenus multimédias (sons, images, écrits), la découverte de notions par essais-erreurs, et s’avère très précieuse dans la compensation de certains handicaps ainsi que dans la personnalisation des apprentissages. Contrairement à ce que l’on croit souvent, elle n’isole pas plus qu’un face-à-face avec un cahier, elle est réactive et plusieurs élèves peuvent interagir via ou autour de l’écran. Effet de mode passager ou outil du futur appelé à perdurer ? Il est trop tôt pour le dire, mais elle commence à arriver dans quelques classes.

Concernant les contenus, nous avons évoqué le gout détestable des brocolis au chocolat, vous savez, ces applications qui se veulent ludo-éducatives et qui, au final, sont juste indigestes. Certes, les enfants n’aiment pas trop les brocolis (l’éducatif), mais les napper simplement de chocolat (le faux ludique) donne un résultat plutôt écœurant ! Alors que les enseignants savent parfaitement détourner pédagogiquement des applications ludiques pas du tout conçues au départ pour un usage scolaire, comme David Hébert qui utilise un jeu de construction pour réconcilier ses élèves en situation de handicap avec les mathématiques. Nous avons aussi découvert des propositions d’applications qui permettent des choses étonnantes : faire résoudre des équations dès 5-7 ans, associer jeu en bois et tablette, ou encore parcourir un livre de cadavres exquis sonorisé et modifiable.

Enfin, les financeurs, très (trop ?) soucieux d’affirmer leur neutralité face aux différentes marques, ont néanmoins affirmé la nécessité de laisser les enseignants choisir librement supports et contenus, si on veut qu’ils soient vraiment exploités dans les établissements. Par ailleurs, de nombreux freins demeurent : l’obsession de la sécurité (des données ou par rapport aux ondes wifi), les difficultés pour s’équiper, la crainte de la perte de contrôle, sans qu’il soit toujours possible de faire la part des choses entre fantasmes paranoïaques et vraies précautions à prendre.

Si l’aventure vous tente, adressez-vous à votre CDDP (centre départemental de documentation pédagogique) ou CRDP (centre régional de documentation pédagogique) qui pourra très probablement vous prêter du matériel et vous conseiller utilement concernant les contenus. Bonne quête !

Stéphanie De Vanssay