Pédagogie, ton univers(elle) impitoyable

nipedu-logo-nouveau.jpgIl est des termes dont le contenu sonne comme une évidence, et pourtant… Un auditeur de ­Nipédu1 nous posait récemment la question suivante : quid de la « pédagogie universelle » ? Une brève mise en perspective historique permet de dire que nous sommes passés, en quelques décennies, de l’idée de séparation scolaire vers l’intégration, jusqu’à l’école inclusive.

Néanmoins, les adaptations, compensations et aménagements individuels associés au principe d’inclusion, bien que potentiellement féconds en matière d’apprentissages, ont leur limite : ils ne modifient pas les mentalités et le regard porté sur les élèves qui en bénéficient. Ces mesures peuvent tantôt être perçues comme une stigmatisation par les intéressés, tantôt comme un privilège par ceux qui n’en profitent pas.

Modèle ultime ?

La pédagogie universelle (PU), arrivée d’outre-Atlantique et définie comme « un ensemble de principes qui favorisent les possibilités d’apprentissage égales pour tous les individus », offre une vision renouvelée. Est-ce le modèle ultime, après l’intégration et l’inclusion ?

Que l’on parle d’élève ordinaire ou universel, il ne s’agit là que d’abstractions : chaque apprenant a des besoins d’apprentissages qui lui sont propres. La personnalisation pédagogique est souvent présentée comme une réponse, elle est parfois mal comprise, mais surtout redoutée pour la charge de travail supplémentaire occasionnée.
De son côté, la PU inspirée par l’urbanisme propose d’universaliser l’approche. Ainsi, la rampe d’accès ou encore les portes à ouverture automatique : pensés pour une accessibilité à des publics à mobilité réduite, l’usage et le service rendu sont, de fait, universels.

Comment la PU s’inspire-t-elle de cette démarche ? Par exemple, plutôt que d’utiliser telle police « dys » pour concevoir les documents dédiés à tel élève, pourquoi ne pas utiliser une police bien lisible et de taille suffisante pour tous, dyslexique ou pas ? Idem pour l’accès au correcteur orthographique en situation de production écrite. « C’est ainsi que ce qui était un accommodement individuel devient accessible à tous, chacun étant libre d’y avoir recours, s’il en ressent le besoin ou si cela peut l’aider à mieux apprendre2. »

Mais la PU n’exclut pas l’usage d’outils dédiés quand c’est nécessaire, pour des élèves à besoins spécifiques. Chez Nipédu, on pense en premier lieu aux outils numériques, et là, un paradoxe se fait jour.

Dans un rapport3 du Cnesco (Centre national d’étude des systèmes scolaires) de 2020, André Tricot écrit : « Le domaine des technologies adaptées aux élèves à besoins éducatifs spécifiques, dans le domaine des handicaps et des troubles, produit des résultats très encourageants. » Ajoutant un peu plus loin : « Le plus surprenant dans le domaine est qu’il y ait relativement peu d’outils, alors que la preuve de leur efficacité est souvent apportée. »

Universels ou pas, encore faut-il que les outils efficaces existent !

Régis Forgione, Fabien Hobart et Jean-Philippe Maitre

Article paru dans le n° 574 des Cahiers pédagogiques, en vente sur notre librairie :

 

 

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Coordonné par Sabine Coste et Jacky Wattebled
Mal reconnue, bien qu’obligatoire à tous les niveaux, l’EPS contribue à l’acquisition du socle commun, donne accès à des pratiques motrices et à la culture physique, sportive et artistique, tient une place de choix dans l’entretien de la santé et du bienêtre, contribue à l’égalité entre les filles et les garçons et à l’inclusion.


Notes
  1. Épisode S9E3 de Nipédu : Apprentissages universels, méta et multimédias bit.ly/Nipedu_S9E3
  2. Voir ce dossier du Capres (Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur) au Canada :
    https://tinyurl.com/4dfmpp7x
  3. « Numérique et apprentissages scolaires : Quelles fonctions pédagogiques bénéficient des apports du numérique ? »
    https://tinyurl.com/4szzkaz3