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Écrire pour introduire

Dialogue entre les deux coordonnateurs à différentes phases d’élaboration de ce dossier.

Genèse

— Pour ce dossier, il faudrait un angle bien précis : écrire en classe pour être lu.

— En fait, un très ancien dossier des Cahiers portait ce titre, mais il était surtout centré sur les journaux collégiens ou lycéens, pas vraiment sur le travail en classe.

— En plus, ça complèterait la série des dits « fondamentaux », « lire, écrire, compter, respecter autrui », puisque nous avons publié récemment un dossier sur la lecture, un sur les maths, et nous préparons un dossier sur le respect.

— Mais notre conception des fondamentaux risque de ne pas être vraiment celle en vigueur au sein de l’Éducation nationale ces derniers temps !

Au comité de rédaction, à mi-parcours

— Nous avons reçu beaucoup de propositions d’articles. Notre choix, bien sûr, est, lorsqu’il s’agit de pratiques de classe, de bien voir s’il s’agit de travail effectué auprès d’élèves et non d’intentions, de projets.

— Et puis, ça doit rester dans le sujet « écrire pour être lu ». Nous avons écarté du coup tout ce qui est écrit « pour soi », « pour apprendre », même s’il y a forcément des points d’intersection !

— Et un mot sur la fameuse « écriture inclusive » ? Sur l’ensemble des contributions reçues, quelques tournures épicènes présentes, quelques doubles flexions employées, très peu d’emploi du fameux point médian (que notre revue n’utilise pas) et pas de demandes explicites à ce sujet.

— Nous avons fait le choix en tout cas de ne pas entrer dans les controverses à ce sujet, même si cela concerne bien le rapport entre écriture et lecture (mais aussi l’oral bien sûr). In fine, c’est l’usage qui tranchera.

Comment classer ?

— La répartition par niveau d’enseignement est trop attendue.

— Faisons un premier lot autour de l’idée d’écrire pour la classe, et donc pas seulement pour le prof qui corrige. Interactions, groupes de travail, élaborations collectives, etc. Puis une deuxième partie tournée vers l’extérieur : d’autres classes, un public plus large, des échanges avec, ici, un écrivain sur Twitter, là une institution internationale. Et un dernier ensemble avec différents points de vue, de la réflexion, de la recherche, des partis pris et la parole donnée à de formidables auteurs jeunesse plein de finesse et d’à-propos.

Au final

— On se rendra compte en lisant combien il existe d’initiatives intéressantes, stimulantes en matière d’écriture. Si l’écriture a été longtemps un parent pauvre à l’école, les choses changent. Il faut aujourd’hui sortir de la copie double et du schéma : devoir, notation, correction, on range sa copie. On doit exploiter toutes les richesses des nouveaux modes de communication (blogs, Twitter, etc.)

— Tout ce dossier prouve qu’on n’a pas besoin d’attendre que les élèves possèdent des « fondamentaux » pour s’y mettre. Ils ne savent pas bien écrire ? Eh bien, c’est en écrivant qu’on apprend à écrire mieux, et en étant lu pour de vrai qu’on progresse et qu’on donne du sens à cet acte fabuleux, né quelque part en Mésopotamie, il y a bien longtemps, et contrairement à ce qu’affirment grincheux et ignorants de l’Histoire, plus vivant que jamais.

Ben Aïda
Professeur des écoles et formateur
Jean-Michel Zakhartchouk
Professeur honoraire et formateur

Article paru dans le n° 578 des Cahiers pédagogiques, en vente sur notre librairie :

 

Écrire pour être lu

Coordonné par Ben Aïda et Jean-Michel Zakhartchouk
Ce dossier s’inscrit dans une réflexion critique menée sur les « fondamentaux » à l’école énoncés dans les discours injonctifs (« lire, écrire, compter, respecter autrui »). Il s’agit de s’interroger à la fois sur le sens à donner à l’écriture des élèves (qu’écrivent-ils, pourquoi, pour qui ?) et sur l’apprentissage du geste.