Citius, altius, fortius – Communiter

« On n’arrive pas au sommet en dépassant les autres mais en se dépassant soi-même. » Voilà le genre de citation que l’on trouve sous une forme ou sous une autre sur différents réseaux. Mais alors, se demande malicieusement Cécile Rossard, professeure d’EPS, « une fois qu’on s’est dépassé soi-même, qu’est-ce qu’on fait ? On s’attend ? ». Et une fois qu’on a atteint le top niveau, on n’a plus qu’à dépérir doucement ?

Faire partie des people ou des stars, décrocher des « j’aime » ou des étoiles, avoir le sentiment de progresser… Qu’est-ce qui nous motive ?

La motivation personnelle devrait se suffire à elle-même, mais on a parfois aussi besoin de reconnaissance extérieure. Le tout est de ne pas laisser le balancier pencher trop du côté du « toujours plus ». Note ton resto, note ton livreur, note ton taxi, avez-vous aimé votre expérience ferroviaire ? Combien d’étoiles à mon application ? Tu es même invité à appuyer sur le bouton « bonhomme content ou pas content » quand tu sors des toilettes de l’aire de repos de l’autoroute. À quand les bornes de satisfaction à la sortie des cours ? Et depuis que les lycéens ont pris conscience de l’importance des notes dans Parcoursup, les conflits semblent se multiplier autour des évaluations et de leur poids dans l’orientation à venir.

Alors que faire ? L’espoir viendra peut-être de cet ajout du mot « ensemble », par le CIO (Comité international olympique), à la devise olympique. Ensemble, où va-t-on ? Quel projet pour une école à laquelle on a assigné moults rôles éducatifs, mais qu’on a finalement du mal à ne pas réduire à son rôle de tri social ? Son fonctionnement reste très normatif et peu ouvert à des parcours atypiques, hors compétition. On trouve bien peu de monde pour se pencher sérieusement sur ces questions en ce début de campagne électorale, et je ne suis pas sûr que les organisateurs des Jeux de Paris aient pris note de l’ajout de « communiter » à leur devise.


Article paru dans le n° 574 des Cahiers pédagogiques, en vente sur notre librairie :

 

 

Ce qui s’apprend en EPS


Coordonné par Sabine Coste et Jacky Wattebled
Mal reconnue, bien qu’obligatoire à tous les niveaux, l’EPS contribue à l’acquisition du socle commun, donne accès à des pratiques motrices et à la culture physique, sportive et artistique, tient une place de choix dans l’entretien de la santé et du bienêtre, contribue à l’égalité entre les filles et les garçons et à l’inclusion.