Pourquoi « gérer » ?
Gère-t-on sa classe comme son budget, son patrimoine ou une entreprise ? Gère-t-on les élèves comme on gère ses émotions, en les contrôlant ? Force est de constater que le mot gérer conduit à poser un regard très particulier sur le métier d’enseignant.Le mot gérer est, la plupart du temps, associé à l’administration, la direction d’une affaire : il s’agit de traiter des problèmes matériels, au mieux des intérêts de celui qui la possède. Progressivement, s’est opéré un glissement de sens, et gérer en est venu à s’appliquer à des situations, toujours difficiles ou conflictuelles : gérer un divorce ou gérer une crise. Puis le verbe s’est vu appliquer aux personnes et gérer quelqu’un signifie à présent séduire ou contrôler une personne. « Gérer sa classe » relève-t-il alors de l’administration et la direction d’aspects matériels, de la domination d’une situation ou du contrôle des personnes ?
On voit bien que poser la question dans ces termes conduit à une vision faussée — trop répandue hélas — de la tâche de l’enseignant. Et l’énumération des composantes de cette gestion, reprise pour poser le problème, dans l’appel à contributions de ce numéro des Cahiers pédagogiques, peut mener à une confrontation obligée à un presque impossible…
L’enseignant n’est ni un administrateur, ni un technicien