On va faire ce qu’on a décidé

Publié le Lecture : 20 min
Comme dans l’article précédent, mais cette fois en lycée, l’institution de moments où le collectif de la classe peut exister. Un processus dont on ne cache pas les difficultés, mais qui est vécu en équipe.

Les difficultés rencontrées par les pratiques du débat à visée didactique, pour construire des savoirs dans les disciplines, peuvent nous inviter à expérimenter un glissement de paradigme. Le débat peut-il être un outil pédagogique intéressant en lui-même pour construire le collectif ?

Dans les classes coopératives du lycée Jacques-Feyder1, nous expérimentons cette vision en distillant la pratique du débat dans un temps hebdomadaire nommé « conseil coopératif ». Ce conseil d’élèves mobilise le débat par la classe en visant trois objectifs clairement identifiés par les équipes autour de la construction du collectif :

  • instituer le collectif : il ne peut exister que si on lui laisse de la place. Il s’agit donc de fixer des temps réguliers et clairement identifiés par les élèves. Cela passe par l’instance du conseil coopératif qui se tient sur une heure hebdomadaire ;
  • organiser le collectif : les débats s’organisent autour d’un rituel précis et faisant sens pour les élèves. Ses règles structurantes permettent de former les élèves à la pratique des prises de décisions collectives ;
  • faire vivre le collectif : former au collectif, c’est aussi le faire éprouver dans l’individualité de chacun. Pour cela, l’attribution de rôles en rotation permet de faire expérimenter des responsabilités au sein du groupe et invite, le temps de cette responsabilité, à se décentrer au profit du groupe.

Ces trois objectifs étant définis, il restait ensuite à les déployer concrètement dans le réel de la classe. Les conseils d’élèves expérimentés, no…

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