Mettre ses élèves à la porte
Au cœur de la ville, des élèves de maternelle et leur professeure découvrent les leviers d’apprentissage en pleine nature.À la rentrée de septembre, les élèves de maternelle sont capables de citer une trentaine de personnages de dessins animés et jeux vidéos et une dizaine de chanteurs. Mais ils s’en tiennent à des termes génériques pour référencer animaux et végétaux de leur quartier : arbres, oiseaux. Aussi ne sommes-nous pas étonnés quand, recueillant les représentations initiales sur ce qu’est la nature, les élèves la définissent comme « l’extérieur », le « dehors », ou parlent de « quand il n’y a pas de chocolat dedans ».
Leur enseignante se souvient alors avoir posé cette question deux ans auparavant à des enfants du même âge, à l’écovillage de Pourgues, un tiers-lieu ardéchois. Les réponses de ces individus en devenir, grandissant au cœur d’une vallée préservée, étaient tout autres : « c’est tout ce qui pousse », « c’est qu’est-ce qui faut protéger pour qu’on vive », « c’est mes tomates, le saule, les grillons, le ru et, et, et moi, et maman et papa ».
Ce choc des cultures nous décide à investir le rapprochement de la nature et de la culture dans le cadre d’un mémoire universitaire : en quoi mettre la nature au service de l’enseignement impacte les apprentissages dans le domaine « explorer le monde du vivant, des objets et de la matiè…