Métier ou profession ?

Publié le Lecture : 15 min

L’entrée par le vocabulaire est une occasion de s’interroger sur ce que font les enseignants, sur leur rôle et leur image dans la société.

Au pandore qui contrôle mon identité, je déclare comme profession celle d’enseignant. Guère satisfait, il insiste : « Professeur ou instituteur ? » Mon grade de professeur lui donne l’occasion de me faire la morale, mais je n’oublierai pas cet épisode. À quoi correspond cette manie de l’étiquetage ? Pourquoi la profession enseignante n’est-elle pas perçue d’un seul bloc ? Bien plus tard, dans mon triple métier d’enseignant-formateur-chercheur, j’aurai l’occasion à plusieurs reprises d’explorer les paradoxes cachés d’une opposition bien souvent synonymique entre métier et profession, d’en découvrir l’intérêt fondamental, de plaider pour le maintien de cette ambigüité et, enfin, d’en saisir la signification dans l’agir réflexif qui nous caractérise actuellement.

QUELQUES PARADOXES

« Enseigner, un métier qui s’apprend », tel est le titre du dossier paru dans le numéro 435 des Cahiers pédagogiques de septembre 2005. Si le métier semble l’emporter dans l’intitulé, l’urgence et l’intérêt de la défense de la formation professionnelle tant initiale que continue font que les deux termes coexistent comme bien souvent. Or, ils ne proviennent pas du même imaginaire, ils n’ont pas la même portée identitaire. On pourrait même prétendre que le métier, qui vient du latin « ministerium » (foncti…

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