Méthodes nouvelles dans l’enseignement du second degré

Publié le Lecture : 23 min

Dans le premier numéro des Dossiers pédagogiques pour l’enseignement du second degré qui deviendront les Cahiers pédagogiques, François Goblot, qui en fut le fondateur et le premier rédacteur en chef, présente le projet de la revue qu’il inscrit dans la ligne de l’éducation nouvelle. C’est pour lui l’occasion d’exposer quelques-uns des principes du mouvement.

Cet article a été rédigé en juin 1945. Depuis, et grâce aux 6es nouvelles, beaucoup des idées qu’il contient sont devenues des banalités. Nous le publions tout de même. À ceux qui sont engagés dans une équipe de 6e nouvelle, il rappellera quelques principes fondamentaux. À nos collègues, il montrera comment on peut, dès maintenant, introduire un esprit nouveau dans l’enseignement actuel.

Ce qui est le plus apparent dans la réforme de l’enseignement en cours, ce sont les mesures d’organisation générale, rapports entre les divers enseignements, durée des études, examens, etc. Ces « réformes de structure » certes sont indispensables, elles doivent nous débarrasser du bachotage, de la tutelle des grandes écoles, des préjugés sociaux, etc. Elles peuvent être l’instrument d’une libération. Seulement, il est évident qu’elles ne suffisent pas. Il est nécessaire de changer le plan de la maison, mais le contenu de chaque pièce importe encore davantage. Il faut avoir de nouvelles outres, mais pour y verser un vin nouveau.

C’est dire qu’il convient de changer l’esprit et les méthodes de l’enseignement et, comme il y faudra des années, il est nécessaire de s’y prendre tout de suite.

Il y a un siècle, l’enseignement secondaire apparaissait comme un enseignement valable et cohérent. Il s’adressait à ce qui était alors sans conteste la classe dirigeante, la bourgeoisie. Aux bons esprits qu’il pouvait atteindre, il ouvrait l’accès à une culture classique.

Mais, depuis, la civilisation moderne a introduit ou réhabilité dans l’enseignement les sciences, les langues étrangères, l’éducation physique, la connaissance de l’homme et celle de la nature ; ce sont là des conquêtes sur lesquelles on ne peut pas revenir. Et, à côté, on a voulu conserver les vieilles humanités, ou du moins on s’est donné l’illusion de les conserver car, trop diversement sollicités, nos élèves ne savent plus, après six ans d’études, ni le latin, ni le grec. L’enseignement a…

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