L’impuissance se prépare dès la formation initiale

Publié le Lecture : 15 min
Et si les formateurs s’interrogeaient sur leur responsabilité à préparer des enseignants sans aucun pouvoir d’agir ?

D’un côté, un directeur décide, parce qu’il y voit un problème à résoudre, de faire de la réduction de l’absentéisme des élèves l’enjeu d’un projet d’établissement. D’un autre côté, les enseignants ne partagent pas ce problème, du moins sa priorité. Mais la décision est prise et le projet lancé, c’est-à-dire imposé aux enseignants qui, se déclarant impuissants à discuter la décision elle-même, obéissent et se mettent, bon gré, mal gré, en projet.

À partir d’une telle situation ordinaire à peine caricaturale, nous posons ici une question qui consiste à se demander non pas ce que font ou peuvent faire les enseignants dans un tel cas, mais plutôt « que faire, en amont, pour ne pas en arriver là ? » Nous raisonnons, autrement dit, sur les conditions de ce que nous appellerons la production d’un problème professionnel partagé. Du point de vue des enjeux de formation initiale des enseignants primaires (celle aussi des directions scolaires), nous nous intéressons plus précisément au rapport au pouvoir des différents acteurs et à la manière dont celui-ci s’élabore. Notre angle principal est celui de la participation des futurs enseignants à l’identification, à la formulation et à la construction des problèmes qui les concernent.

LE POUVOIR DE RÉDUIRE LA PUISSANCE D’INITIATIVE

Dans cette situation emblématique, choisie dans un matériau d’une re…

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