L’école de demain reste à faire, ses professions aussi

Peut-on changer l’école sans changer le métier, changer le métier sans changer l’école ?
L’école n’est pas en crise ; elle est bloquée dans des archaïsmes dont l’un, majeur, est son organisation pédagogique et par voie de conséquence l’organisation du travail des enseignants (et des élèves). Le ripolinage à coup de culture numérique n’y fera rien, car le problème est ailleurs. Yves Reuter note que les pédagogies alternatives sont marginalisées, en dépit de leurs effets positifs (l’amélioration du climat scolaire et des performances des élèves). Il s’interroge : « Ce qui est rejeté en marge de l’institution offre des perspectives de lutte contre les difficultés scolaires. Reste à savoir combien d’enquêtes PISA devront être publiées avant que les politiques tentent enfin d’aider les élèves par des solutions éprouvées. » S’il a globalement raison, on peut cependant lui répondre que précisément PISA et d’autres enquêtes du même genre contribuent à la construction d’un problème impossible à résoudre : comment améliorer l’efficacité du système sans remettre en cause les évidences de l’organisation scolaire ? L’organisation pédagogique et le service des enseignants calculé sur la base de la présence face aux élèves font partie de ces allant-de-soi difficiles à ébranler, parce qu’ils sont le résultat d’une imposition symbolique d’un État républicain fétichisé.
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