Le costume du prof
On ne peut être présent en classe que déguisé, soucieux de son apparence, de son allure : un costume ou un uniforme ?
Depuis que je suis devenue professeure, je n’entre jamais dans une classe sans m’être revêtue de mon costume de professeur. Ce n’est ni un déguisement, ni un uniforme. C’est un costume au sens propre, un vêtement, une apparence, mais aussi une métaphore qui représente un rapport à l’autre et au savoir, c’est une posture, une attitude intérieure et extérieure dans l’école et face aux élèves. C’est un (re)vêtement obligatoire qu’il faut s’efforcer d’habiter.
Le costume du professeur est composé de plusieurs épaisseurs superposées, invisibles à l’œil nu, mais perceptibles par les élèves et moi-même. C’est ma « mise-en-prof », ma « cuirasse ». Dans ce texte, l’exposition de ces épaisseurs ne suit pas un ordre de priorité, mais traduit le cheminement de ma réflexion.
Très vite, j’ai su qu’il me fallait trouver les vêtements qui feraient de moi un professeur, comme le bleu de travail fait l’ouvrier ou la blouse a fait le maitre d’école. Mais aujourd’hui, cette apparence vestimentaire ne suffit plus à symboliser la fonction. Il faut des vêtements dans lesquels je suis à l’aise, non seulement pour monter et descendre à toute allure les escaliers du RER, du métro, du collège, mais aussi pour supporter le regard scruta…