La parole des uns pour l’éveil des autres
« 100 témoins, 100 écoles » fait partie de ces initiatives citoyennes, humanistes qui méritent un écho fort. L’idée de Frédéric Praud est simple : faire se rencontrer des immigrés au parcours singulier et des élèves pour bousculer les idées reçues et mettre des visages et des paroles derrière le terme global « immigration ». Inlassablement, les volontaires de « 100 témoins, 100 écoles » récoltent les témoignages et organisent les rencontres.Marie Grandon est l’une de ces volontaires. Habitant à Mayotte, elle a organisé là-bas des rencontres, dans une ile ou l’immigration est source de drames et d’intolérances. Mayotte, seule des quatre iles des Comores à être rattachée à la France, attire des immigrés, souvent clandestins, venus des autres iles mais aussi de Madagascar, du Rwanda ou du Congo, terres victimes de crises économiques et politiques exacerbées. L’ile voisine d’Anjouan n’est distante que de 80 kilomètres et cette distance courte porte dans ses flots des drames humains. « Depuis 1995, on estime à plus de 7000 le nombre de morts en mer autour de Mayotte », lit-on dans « Causes communes », publié par la Cimade, en juillet 2012.
Mayotte est aussi terre d’émigration. Pour les études ou pour le travail, de nombreux jeunes mahorais rejoignent la Métropole avec souvent des difficultés pour s’adapter.