Entretien – Sylvie Octobre : Une mosaïque culturelle à réhabiliter

Publié le Lecture : 11 min

© Vincenzo Cicchelli

À les étudier de près, les cultures juvéniles sont plus contrastées qu’on ne le croit. Sylvie Octobre, sociologue chargée d’études au ministère de la Culture, en dresse ici un panorama qui devrait aider à repenser leur prise en compte à l’école.
En 2017, vous avez publié avec Vincenzo Cicchelli, L’amateur cosmopolite. Gout et imaginaires culturels juvéniles à l’ère de la globalisation. Pouvez-vous nous présenter ces jeunes comme amateurs cosmopolites ?

Ce travail est le fruit d’une rencontre. Vincenzo Cicchelli, maitre de conférences en sociologie (université Paris Cité), travaillait sur la globalisation et le cosmopolitisme, tandis que je m’intéressais aux cultures juvéniles. Or, il suffit d’observer les marchés culturels juvéniles pour se rendre compte d’une transformation majeure : les produits qui circulent au niveau global proviennent de plus nombreuses régions que naguère — ce qui remet en question les analyses monolithiques en termes d’impérialisme états-unien, même si les industries culturelles des différents pays sont bien sûr de forces économiques inégales — et les univers culturels des jeunes leur font une place de choix.

L’univers que j’ai connu dans mon adolescence, dominé par le couple production nationale-production angloaméricaine, qu’il s’agisse de musique, de films, de série, de comics, a ét…

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