L’auteure a une longue expérience de travail avec les enseignants des écoles. Professeure d’école normale, puis à l’IUFM (Institut universitaire de formation des maitres) de Versailles, elle est aussi connue pour ses remarquables travaux sur la lecture et l’écriture. Elle sait allier une grande compréhension des difficultés du métier avec des convictions fortes, qui peuvent aller à rebrousse-poil de l’opinion commune, comme elle le montre dans cet entretien.
Que répondiez-vous à la question qu’on vous posait en formation initiale : faut-il oui ou non faire apprendre par cœur?
J’avais intuitivement envie de répondre que oui, mais j’ai vainement cherché dans les manuels de psy- cho de l’époque un argumentaire sérieux pour valider cette position. Au début des années 70, on s’intéressait surtout au développement de l’intelligence, de la psychomotricité, de l’affectivité, aux stades d’évolution mais pas à la mémoire ni à l’attention. De ce fait, on remettait en cause les méthodes anciennes, avec les leçons de vocabulaire et les listes de mots à mémori- ser, ou les règles d’orthographe à réciter. On avait bien constaté que les enfants pouvaient souvent réciter p…