Aujourd’hui, j’ai encore aimé mon métier
France Info dans la voiture : ça continue, nouvelle journée grise et tremblante.
J’arrive à la récréation de 10 h, les élèves dans la cour du lycée sont en train de prendre une photo hommage, vêtus du blanc de la paix et munis de pancartes charliesques. Je longe les fresques de libre expression noircies d’émouvants messages. Des courts, des simples, des « Je suis Charlie », des billets bien écrits, des dessins joyeux, etc. Trois ou quatre rares, tristes et inévitables ratures : un nullos « quenelle » aussi un bêta « Dieudonné » et un dérangeant « la liberté d’expression quand ça vous arrange ». Je me dis qu’il reste du boulot.
J’entre en classe. Salue les élèves de terminale. Leur lis la déclaration rédigée par les enseignants du lycée. Un grand silence. Des yeux rougis. Les miens aussi, devant ceux de c…