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Éditorial du n° 561 : L’éducation à la sexualité

L’école en option

Cécile Blanchard


Et soudain, l’école ne fut plus «  obligatoire  ». Le président de la République et le ministre de l’Éducation nationale l’ont dit, le retour en classe des enfants à partir du 11 mai se fera «  sur la base du volontariat  ».

Bien sûr, ce serait un véritable problème que de laisser les élèves sans école, sans camarades, sans enseignants en chair et en os, pendant six mois, jusqu’en septembre. En particulier pour les élèves qui risquent de décrocher ou l’ont déjà fait. Mais, tandis que le conseil scientifique pour le Covid-19 estimait fin avril qu’il aurait fallu reprendre en septembre, les pédiatres, eux, à travers deux associations, assuraient que reprendre dès le mois de mai n’était pas dangereux, puisque le virus touche très peu les enfants.

Ce sera donc aux parents de se débrouiller avec cela et de décider si leurs enfants retrouveront le chemin de l’école, ou pas. La belle responsabilité que voilà !

On aura beau dire que seule l’instruction est obligatoire selon la Constitution, l’inscription à l’école entraine une obligation d’assiduité. Le ministre l’a d’ailleurs rappelé en en faisant une condition pour avoir bac ou brevet sur la base du contrôle continu. L’école, une fois qu’on y est inscrit, devient donc obligatoire.

Or, une fois que la classe aura repris, la continuité pédagogique ne pourra plus être assurée par les enseignants, à qui on ne saurait demander de faire une journée double, en classe et à distance à la fois. Car on ne peut pas prévoir un seul et même cours pour deux situations si différentes.

Les enfants qui resteront chez eux seront donc, de fait, déscolarisés, et ce sera aux familles de porter la responsabilité d’un tel choix.

Ne risque-t-on pas d’avoir, d’un côté, des familles estimant s’en sortir aussi bien que les enseignants pour «  faire l’école  » eux-mêmes à leurs enfants, et, de l’autre, des familles plus éloignées de l’école, éventuellement non francophones et tributaires des enfants pour comprendre les instructions gouvernementales, qui ne renverront pas leurs enfants en classe ? Une instruction à deux vitesses (ou plutôt trois, voire douze millions et demi) se mettrait alors en place.

Qui peut dire ce que seront les conséquences de la levée de ce verrou ?

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L’éducation à la sexualité
L’éducation à la sexualité se joue dans la complémentarité entre les espaces : les cours d’une part, des ateliers organisés par le CESC d’autre part. Enseignant de SVT, animateur d’ateliers : deux postures différentes qui s’étayent. Pour multiplier les occasions de dissiper les obstacles cognitifs...

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