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Éditorial du n° 529 - Des maths pour tous

Si, maman, demain j’irai à l’école !

Pierric Bergeron


Il y a un peu plus d’un mois, nos amis belges étaient eux aussi touchés par l’horreur.
Aussitôt, commentaires et récupérations les plus attendus ont submergé le paysage médiatique, rendant aphone toute autre forme d’expression. Ces attentats, c’était bien la preuve, selon eux, qu’il faudrait encore plus de policiers, plus de contrôle, une réforme institutionnelle pour adapter la réponse de l’État, plus d’état d’urgence…

Pourtant d’autres voix, par d’autres canaux, à l’image du celle du jeune Belge Gui-Home (plus de six millions de vues sur les réseaux sociaux), se sont employées à ne pas alimenter la peur et la haine. En utilisant l’humour comme une arme, Gui-Home a insisté sur le fait qu’après les attentats, il continuerait à aller à l’école, «  si, maman, j’irai à l’école aujourd’hui et j’irai après-demain aussi et après-après-demain et tous les jours et plus il y aura de terroristes, plus j’irai à l’école. Parce que le savoir est une arme  », l’ignorance générant la barbarie.

Alors non, on ne peut réduire le débat à «  plus de policiers et de gendarmes ou plus d’enseignants et d’éducateurs  ». Il n’en reste pas moins qu’on ne peut se satisfaire d’une politique qui ferait le choix unique du contrôle et de la répression et surtout pas nous, au CRAP, qui revendiquons de «  changer l’école pour changer la société  ». Changer l’école en œuvrant pour une laïcité inclusive qu’appellent par exemple de leurs vœux Béatrice Mabilon et François Durpaire, à l’inverse d’une laïcité d’opposition et de stigmatisation. En revendiquant une école où la parole de tous les élèves est prise en compte, pas un sanctuaire (cher à Nicolas Sarkozy), mais un espace d’apprentissage et de construction démocratique réelle, de formation du citoyen où les débats de la vraie vie ont leur place.

Alors, bien sûr, l’école ne peut pas grand-chose contre la misère, terreau de la violence et des extrémismes, mais au-delà des déclarations, elle doit devenir un lieu essentiel de l’apprentissage durable du vivre ensemble.

Sur la librairie

 

Des maths pour tous
Plus que jamais, la question des «  mathématiques pour tous  » se pose. Elle implique qu’on cesse d’appliquer partout et à tous le même «  traitement  » mathématique, et qu’on prenne en compte le rapport spécifique aux maths que chaque élève a construit en fonction de son histoire scolaire, familiale, et personnelle.