Accueil > L’actualité vue par le CRAP > L’actualité éducative > Éditorial > Enseigner à vivre


N° 537 - Classes inversées

Enseigner à vivre


À l’aube de changements politiques importants qui assurément pèseront sur le devenir de l’école, et bien que la nécessaire transformation de celle-ci ne constitue pas le cœur des débats, c’est une gageüre que de vouloir embrasser en quelques mots l’ensemble des enjeux qu’elle soulève. Limitons-nous ici à deux idées ou leitmotivs peu ou pas abordés lors des interventions des candidats.

La première, chère aux équipes pédagogiques engagées dans la lutte contre le décrochage, c’est qu’une école qui promeut par exemple la coopération ou le tutorat doit être son propre recours en ne se satisfaisant pas de l’externalisation du soutien, mais en œuvrant en son sein pour les élèves en difficulté. Partant, c’est un système éducatif qui donne aux enseignants les moyens (formation, temps de concertation en équipe, etc.) de ne pas se reposer uniquement sur les dispositifs de remédiation, mais encourage dans les classes des pratiques pédagogiques innovantes aptes à assurer la réussite de tous.

La deuxième, développée dans un film qui va sortir, Enseignez à vivre !, inspiré par Edgar Morin et réalisé par son complice Abraham Ségal, est celle de l’encouragement du désir d’apprendre et du désir d’enseigner. Revenant à l’Éros de Platon, elle engage à une pédagogie qui s’accorde avec le plaisir de transmettre, de partager, pour permettre à tous de devenir des êtres créatifs et désireux d’apprendre. Elle invite à s’interroger, comme le dit Ségal, sur « comment la structure scolaire peut constituer un lieu où liberté se conjugue avec responsabilité, où l’acquisition de savoirs va de pair avec l’apprentissage de la vie en société  ». Promouvoir cette idée, c’est aussi affirmer que l’école n’est pas seulement un lieu de préparation à la vie ; c’est, ici et maintenant, un lieu de vie.

Faisant écho à ces deux idées, les pratiques pédagogiques qu’induisent les classes inversées, dont on peut voir dans ce dossier qu’on ne peut les réduire en une séparation des espaces et des temps d’apprentissage, peuvent constituer une chance supplémentaire de penser la classe comme son propre recours, d’enseigner autrement en y prenant plaisir tout en générant du désir d’apprendre.

Le sommaire et les articles en ligne

 

Sur la librairie

 

Classes inversées
La classe inversée, on en parle beaucoup, des partisans enthousiastes et des opposants décidés s’opposent. Est-ce une mode passagère, un gadget pédagogique, ou l’amorce d’un changement de fond ? Au-delà des définitions (trop) simples, ce dossier s’attache à mieux cerner ce qu’est la classe inversée.