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Des histoires à l’histoire, ou comment faire de l’histoire avec des petits ?

« Les histoires, ça s'arrête toujours, mais l'Histoire, elle, ne s'arrête jamais » me répondit un élève de Marielle Cantillon, alors que je lui posais la question de la signification, pour lui, de l'Histoire. La définition est pertinente, elle témoigne à elle seule du moment fatidique où, chez l'enfant, l'imaginaire et la réalité du passé s'autonomisent, et où la conscience historique, encore embryonnaire, peut commencer à se travailler comme telle. Les entretiens qui suivent témoignent du lent chemin de clarification qu'appelle le regard sur le passé pour des petits. La « découverte du monde » fait partie des programmes officiels des deux premiers cycles, et le troisième entame une véritable pratique de l'histoire à l' école primaire. On trouvera donc ici, à travers trois exemples de projets pédagogiques portant sur l'histoire, une mise à distance critique des étapes qui mènent à l'intelligence du passé et à l'objectivation, par les élèves, d'une histoire qui n'est plus seulement de l'ordre de l'intime mais qui tend à dessiner une approche évènementielle et chronologisée de leur monde. Qui d'entre nous, enseignants du secondaire, ne s'est pas trouvé confronté encore au collège à ces confusions entre le passé lointain, l'avant et l'après Jésus-Christ, ou l'involontaire mise en désordre évènementielle ? Il n'est donc pas inutile de faire retour sur le travail mené par nos collègues du primaire qui ont, on le verra, maille à partir avec ce qui nous semble pourtant relever de l'évidence ; à défaut de se demander ce que nos élèves ont bien pu faire les années précédentes, force est de constater qu'il n'est pas inutile de s'inscrire plus clairement dans la continuité des cycles. Car l'idée que la première guerre mondiale ne suit pas immédiatement la période des dinosaures, ou que Vercingétorix n'est pas l'équivalent d'Indiana Jones n'est pas si simple à déconstruire... Cela suppose l'intelligence de la durée et la prise de conscience que la marche de l'histoire est le fait d'acteurs à la fois étrangers à soi (dans le temps, dans l'espace) et pourtant susceptibles de produire de l'identification. Car n'est-ce pas cela à terme la finalité de l'enseignement de l'histoire ? Comprendre que l'appréhension du passé participe à l'élaboration d'une responsabilité individuelle et collective pour le monde de demain.

Au début du 21ème siècle, où en est la didactique de l’histoire ?

Sous les plumes expertes de Nicole Lautier et de Nicole Allieu-Mary,[[Lautier, N. & Allieu-Mary, N. La didactique de l'histoire. Note de synthèse in Revue française de pédagogie 162/2008 (95-131).]] la Revue française de pédagogie a consacré en 2008 une importante note de synthèse à la didactique de l'histoire. Sans pouvoir citer aucune des 200 études convoquées, voici un synopsis de cette contribution majeure à la compréhension des tensions qui traversent l'histoire enseignée, occasion unique de faire un point sur les promesses de sa recherche au regard de ses pratiques réelles.

Enseigner le 11 septembre en classe : méthodologie, enjeux et pratiques de l’Histoire

À l'ère du multimédia et des « autoroutes » de l'information, un événement comme le 11 septembre 2001 ne pouvait que revêtir une dimension extraordinaire, au-delà des faits, à la hauteur d'un mythe. Au point que pour certains, le 21°…

Le mythe national – L’histoire de France revisitée

PRÉFACE Vingt ans après En 1987, année de la première édition de ce livre, la France officielle célébrait « le millénaire d'Hugues Capet », tandis que le discours du Front national, désignant les « immigrés » comme responsables…