Un nouveau volume de cette excellente collection, cette fois-ci centrée sur la motivation. Deux chercheurs ont coordonné cet ouvrage qui veut faire le point sur une question bien entendu essentielle, en l’abordant sous l’angle de l’apprendre.
Le pédagogue engagé trouvera confirmées nombre de ses convictions, même si on trouve dans le livre davantage de
nuances que de certitudes, et c’est heureux, bien entendu.
Quand on cherche à susciter plutôt la motivation intrinsèque qu’externe, quand on croit plus à ce qui donne
du sens aux apprentissages qu’à la carotte des bonnes notes, quand on est convaincu du rôle positif de la coopération (et du rôle souvent négatif de la
compétition), on est plutôt satisfait de voir des études qui vont dans cette direction-là. On apprend par exemple que c’est pour les élèves les plus faibles que les buts dits « de performance » (par opposition aux « buts de maîtrise ») ont les effets les plus défavorables.
Mais il est vrai que rien n’est simple et bien des conclusions provisoires demanderaient vérification, tant de multiples biais peuvent intervenir dans les études menées (surtout quand on envisage les choses dans la durée et non dans une expérience ponctuelle de laboratoire)
Les diverses contributions s’articulent selon deux grands axes : la dynamique individuelle (émerge très fortement l’importance de l’estime de soi) et les effets de contexte (problème des « récompenses», inventaire des pratiques favorables à la motivation). On notera par exemple que les émotions ont un rôle majeur et qu’il s’agit plus de les gérer convenablement que de les éliminer (il ne faut pas
forcément « déstresser » !) ; que, parmi les « bonnes pratiques », il y a l’écoute, la disponibilité de l’enseignant, la dédramatisation de l’erreur, mais aussi la clarté de ce qui est enseigné et la possibilité offerte
aux élèves de faire de temps à autre des « choix », de leur laisser une marge de liberté. Autant d’idées qu’on a pu trouver illustrées ici-même dans nos dossiers sur
le sujet (voir notre numéro hors série et notre dossier n° 429-430, février 2006.) Une dernière partie nous invite à mettre en relation ce qui motive les élèves et ce qui peut motiver les enseignants. Katleen Beintien par exemple s’efforce de pointer tout ce qui peut favoriser un engagement des enseignants, et on verra que finalement, ce n’est pas si éloigné de ce qui fonctionne aussi pour les élèves. Ainsi, le sentiment d’être soutenu par son organisation, la perception de la justice des procédures appliquées au sein de l’école, le sentiment d’importance personnelle de ce qu’on fait, le sentiment de réalisation personnelle. Bases indispensables d’une stratégie de réformes pédagogiques ?
Enfin, Patrick Picard, du Café pédagogique, ouvre des pistes pour la formation des enseignants, en suggérant que « pour
une fois », on s’efforce de s’appuyer sur les réussites plus que sur les difficultés rencontrées, pour les profs aussi…

Jean-Michel Zakhartchouk


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