L’image en histoire géographie a différents statuts :
– L’image comme illustration : on parle de Louix XIV et on regarde une reproduction d’un portrait, on parle d’une fibule franque et on montre une reproduction photographique afin d’aider les élèves à se représenter cette objet. Ici le plus souvent pas d’analyse, pas mise en éveil de l’esprit critique.
– L’image comme support de la construction de la connaissance. Je présente par exemple une image de paysage. Mon objectif est d’analyser une partie de territoire aménagé par les Hommes et de comparer photo et carte. Je commence par solliciter la description : quels sont les différents éléments que l’on peut voir ? Puis je dirige la classe vers une lecture plus analytique en proposant d’émettre des hypothèses sur les éléments précédemment cités. Enfin j’entre avec la classe dans une lecture interprétative avec deux points : le contexte de l’image (qui a fait cette image ? Pourquoi ? Pour qui ? …) et la recherche de réponse aux hypothèses précédemment émises.
– L’image comme objet d’étude. En début d’année suite à l’observation de photos d’objet de la préhistoire ou de maquette présentant des scènes de la vie quotidienne. J’interroge alors les élèves sur la nature du document : la question est du style qu’est-ce que l’on peut se demander sur cette photo ?

Après l’ observations de plusieurs photographies, j’ai obtenu le guide de lecture suivant :
– De quelle image il s’agit ?
– De quand date t-elle ?
– Qui l’a faite ?
– Pourquoi a t-elle été faite ?
– Que représente cette image ?
– Que nous apprend cette image ?

Le questionnement est parfois sans réponse car on ne sait pas qui a fait par exemple la photo, ou alors on ne sait pas de quand elle date exactement, le pourquoi est souvent encore plus délicat surtout pour des élèves de début de cycle 3. L’intérêt est de faire entrer l’image dans la classe non comme une évidence ou le simple reflet de la réalité mais comme un objet construit par l’homme avec des intentions particulières et donc qui s’interroge. Il s’en suit toujours des discussions riches qui rejettent l’évidence de l’image.

Ce guide méthodologique trouve sa classe parmi d’autres sur la lecture de textes historiques par exemple. Il devient la référence et est souvent mis en pratique à travers les différents documents rencontrés. En fait, il s’agit de construire une posture de mise à distance… N’est-ce pas les prémices d’un esprit critique ?

Marcelin Hamon, professeur des écoles.