Pour savoir l’essentiel sur ce que recouvre ce sigle désormais bien connu quand on s’intéresse à l’efficacité de notre système éducatif. PISA, instrument de mesure pertinent, qui permet d’évaluer régulièrement les évolutions de l’école dans divers pays, ou arme de guerre du néo-libéralisme, qui met au second plan les connaissances, cheval de Troie du culte de la performance? Il faut d’abord savoir de quoi on parle, ne pas en rester aux stéréotypes sur les “biais culturels” ou sur la prédominance des “compétences” dans les évaluations, ce mot étant alors compris comme marqueur d’un utilitarisme anti-culturel, bien faire la différence entre ce que nous disent les enquêtes et leurs interprétations médiatiques. Puis voir les limites de l’outil, tout en tirant les leçons, notamment pour la France, de ce que révèle PISA, en l’occurrence l’existence d’une école de plus en plus inégalitaire et pour autant pas plus performante pour les meilleurs, au contraire. C’est ce à quoi s’emploient les auteurs, chercheurs en sciences de l’éducation en France et en Suisse. Ils nous montrent bien l’intérêt des enquêtes PISA tout en mettant en évidence leur influence sur les politiques éducatives (plus ou moins fortes selon les pays), dans un mélange parfois insidieux de descriptif et de normatif, de “rigueur scientifique et méthodologique d’une part, et d’un poids politique qui s’impose aux Etats de l’autre”. Tout cela dans un petit livre fidèle à l’esprit de la collection: clarté, lisibilité et densité d’informations, qui s’avérera indispensable pour qui veut réfléchir aux meilleurs moyens de faire apprendre tous ses élèves.

Jean-Michel Zakhartchouk