Une série de travaux, de chercheurs de la DEPP et d’institutionnels, déjà parus en 2010, autour du socle commun et des compétences. Où l’on voit notamment les grandes limites d’une évaluation limitée à un livret de compétences bien floue et peu piloté…

Nous avions il y a un an publié la recension du numéro 79 d’Éducation et formation, revue de la DEPP du ministère de l’Éducation nationale. Celui-ci vient d’être repris à la Documentation française sous la forme d’un ouvrage de près de 200 pages qui traite avant tout du socle commun et des compétences.

Nous reprenons donc ce que nous écrivions, mais ajoutons cependant qu’il serait bien hasardeux d’utiliser ce qui est dit à propos du livret de compétences pour remettre en cause l’évaluation « par compétences ». Les jugements des enseignants lorsqu’ils doivent valider les items du livret sont comparés à d’autres jugements lors d’épreuves standards, et il semble que la validation soit défavorable aux élèves de milieux socioculturellement défavorisés, et en particulier aux garçons concernés. Certains vont en tirer bien rapidement l’idée que l’évaluation par compétences serait contraire à l’équité et renforcerait les inégalités. Mais ce que montre l’étude, c’est aussi le grand flou dans les décisions d’attestation. Notons par exemple la violation du principe de non-compensation dans l’attribution du socle et une conception souvent très quantitative (addition d’items) alors même que les critères d’attribution ne sont pas vraiment harmonisés. On voit ici surtout les limites, ou plutôt les dérives, d’un système mal piloté, mal défini et souvent bien contraire à l’esprit même du socle commun.

Dans un remarquable article liminaire, l’IPR Marlène Guillou énonce des propositions fort pertinentes sur la maitrise de la langue française « à l’épreuve du socle commun » dans une perspective interdisciplinaire. Jean-François Chesné évoque « les acquis des élèves en calcul à l’issue de l’école primaire ». La place respective de l’oral et de l’écrit au collège est également étudiée à partir d’une enquête qui montre en particulier qu’on écrit davantage pour apprendre qu’on n’apprend à écrire.

D’autres articles nous apprennent qu’un élève de sixième sur dix suit des cours particuliers payants, que les devoirs à la maison sont plébiscités au collège, y compris sans doute par ceux qui ne les font pas, tandis qu’un éclairage international nous permet de prendre du recul quant à la question de la carte scolaire.

Soulignons la grande clarté de la présentation des tableaux et l’effort de lisibilité en général d’un dossier fort riche, mais qu’il ne faudrait pas utiliser de manière tendancieuse. Le socle commun n’est encore qu’un chantier…

Jean-Michel Zakhartchouk