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Le sens de l’école
C’est l’automne, les gouvernements se ramassent à la pelle. Et l’éducation, dans tout ça ? Depuis dix ans, on ne compte plus les réformes, les ajustements, les remises en cause et les retours sur les remises en cause. Soumis à des injonctions incessantes et incohérentes, les enseignants perdent le sens de leur travail. Alors que la commémoration des assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard rappelle que les enseignants sont confrontés à des enjeux majeurs, l’éducation est-elle encore un sujet pour ceux qui nous gouvernent par intermittence ?
À la menace terroriste s’ajoute désormais l’entrisme des réseaux d’extrême droite, portés par la force de frappe financière de milliardaires qui ne cachent pas leur projet de société incompatible avec les valeurs républicaines que nous portons. Qui défend l’école et ses valeurs ?
Faute de soutien de l’État, les associations se débattent dans les difficultés financières qui freinent leurs actions et compromettent leur survie. Les enseignants eux-mêmes sont en proie à un malêtre au travail qui provoque de plus en plus de démissions et se conclut parfois, hélas, tragiquement, dans l’indifférence apparente de l’institution – pensons à Caroline Grandjean, laissée seule face au harcèlement homophobe. La jeunesse va mal, elle aussi, comme le montrent les enquêtes sur la santé mentale des jeunes.
Tous les signaux d’alerte clignotent pour que l’éducation soit enfin prise au sérieux par le gouvernement. Mais y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?
Plus que jamais, l’école a besoin de temps, de sérénité, d’objectifs clairs déterminés par une très large consultation citoyenne. L’école doit être sanctuarisée, non pas coupée du monde extérieur, ni de la ville et de la vie qui l’entourent, mais préservée de la précipitation politique, des mesures d’affichage non réfléchies. L’éducation est, par essence, le domaine du long terme. Puisque le thème du dossier de ce numéro des Cahiers est l’erreur, pourrait-on suggérer à ceux qui nous gouvernent de ne plus persévérer dans l’erreur du pilotage par les (trop nombreuses) évaluations et le court terme ?
Le temps long, c’est essentiel pour penser, ensemble, l’école de demain.



