L’histoire scolaire en France est indissociable du projet républicain depuis la fin du XIXème siècle. Elle est donc, dans son essence même, chargée d’une mission civique et politique qui repose sur la fabrication d’un sentiment d’adhésion aux valeurs véhiculées du moment. En ce sens, ce que l’on nomme communément le « roman national » projette une forme de citoyenneté attendue et postule que la connaissance du passé configure l’agir politique de demain. L’histoire scolaire peut ainsi être appréhendée comme un discours sur l’histoire elle-même puisqu’elle profile de façon particulière le rapport passé/présent. A l’heure où un ministère se targue de dessiner les contours d’une identité nationale en codifiant les critères d’appartenance, il nous semble urgent d’interroger l’enseignement de l’histoire au regard des enjeux contemporains. Nous postulerons que les savoirs historiques scolaires et les pratiques enseignantes portent une parole sur la configuration politique de la société d’aujourd’hui. Qui sont les acteurs dans l’histoire scolaire ? Comment les différents événements historiques sont-ils articulés entre eux pour fabriquer un récit linéaire ? Qui sont les « sans-voix » de cette histoire ? Comment les professeurs d’histoire-géographie composent-ils avec les prescriptions ? Réfléchir à ces questions permettra peut-être l’émergence d’un nouvel « horizon d’attente », celui qui appelle un détour par les « sous-terrains » de l’histoire, et la rencontre au passage de la multiplicité des acteurs et des possibles qui fondent chacun des moments historiques.

Programme

Matinée : 9h 30 – 12h30

– Introduction de la journée : Laurence De Cock-Pierrepont (IUFM Versailles) , Emmanuelle Picard (INRP)
Patrick Garcia (IUFM de Versailles) : L’inflexion patrimoniale douze ans après : retour sur les programmes de 1995
Thierry Aprile (IUFM Créteil), Emmanuel Droit (lycée international de Strasbourg) : Les manuels européens, quelles volontés, quelles pratiques ?
Marc Deleplace (IUFM de Reims) : La Révolution française ou les aléas de l’histoire civique
Evelyne Héry (université Rennes 2) : Le temps dans l’enseignement de l’histoire

Après-midi : 14-17h00

Charles Heimberg (IFMES) : Identités, pensée historique, questions socialement vives: trois enjeux autour de la construction de l’histoire scolaire
Françoise Lantheaume (Lyon II) : Enseignement de l’histoire et identité nationale : D’un long compagnonnage contrarié par la décolonisation, à l’intégration non dite d’une logique communautarienne
Marie-Albane de Suremain (IUFM Créteil) : Manuels scolaires et enseignement du fait colonial : quelle histoire culturelle ? quelle histoire globale ?
André Loez (Montpellier 3) : 1914-1918: les simplismes scolaires de la “culture de guerre”


Le samedi 6 octobre

9h30-17h, EHESS 106 boulevard Raspail
Amphithéâtre, entrée libre.