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Enseigner la nature, enseigner avec la nature

Dossier coordonné par Laurent Reynaud et Jean-Michel Zakhartchouk

L’école française a pu être considérée comme un monde à part, davantage tournée vers les savoirs et l’abstraction que vers la pratique et les savoir-faire. Ainsi se serait-elle éloignée, voire coupée, de notre environnement ? Mais d’un autre côté, l’école primaire s’est constituée dans un univers largement rural où la « nature » était fortement présente. Qui dans « l’école d’autrefois » n’a pas dessiné une feuille, réalisé un herbier, appris des poèmes sur les saisons, voire cultivé un petit jardin potager ? C’est plutôt le secondaire urbain qui était éloigné de la nature.

« Renouer avec la nature » : voici une ambition qui se fait jour pour répondre aux inquiétudes grandissantes sur les conséquences des relations que l’Homme tisse avec la nature. À la fois agresseur et victime. Les initiatives institutionnelles et personnelles se multiplient : « classes dehors », éducation au développement durable, potager, écodélégués, etc.

Nous proposons dans ce contexte d’élaborer un dossier des Cahiers pédagogiques qui aborderait la question sous des angles très divers.

Nous souhaitons donc recevoir des propositions d’articles, portant surtout sur des pratiques effectives de terrain.

– Des récits de pratiques, souvent interdisciplinaires (classes dehors, de découverte, sorties botaniques ou autres…) mais pas exclusivement, en se demandant à chaque fois ce que le contact avec la nature a pu apporter de plus aux élèves par rapport à un cours en classe.
– Des échos sur la manière, dans chaque discipline, dont on aborde ce thème.
– Des approches qui visent à définir avec les élèves, explicitement ou implicitement, ce qu’est la nature (débat, discussion, activité, etc) et leur perception de la nature, que ce soit en milieu rural ou urbain.
– Il serait bon d’aborder aussi la question des freins aux activités en pleine nature (financiers, temps investi par les enseignants, sécurité…).

Voici quelques questions transversales auxquelles vos contributions peuvent tenter de répondre, à travers le partage d’une pratique ou d’une réflexion :
– Comment met-on en tension deux nécessités scolaires : établir une distance avec l’objet d’étude en abordant la nature de façon décontextualisée ou artificialisée (approche scientifique, milieu artificialisé – piscine-, travail sur document, fiction, modélisation, simplification, mise en sécurité, etc.) et ouvrir l’école sur le réel en allant « sur le terrain » ou « en pleine nature » (approche sensible, émerveillement, exploration, complexité, imprévisibilité, etc.) ?
– En quoi travailler ce thème participe-t-il d’une prise de conscience citoyenne ? Et à interroger nos certitudes à l’épreuve d’un réel complexe ?
– Quels partenariats, et quel est le rôle de chacun (associations de défense de la nature, organismes scientifiques…) ?
– Quelle formation des enseignants, aussi bien scientifique que psychosociale (son propre rapport à la nature) ?
– Quelle place pour la pratique et les savoir-faire lorsqu’on enseigne avec la nature ? Il ne s’agit peut-être pas de les ajouter « en plus » mais ils s’imposent « naturellement », un peu comme en sciences expérimentales. Par exemple, pour écrire un poème sur les arbres en étant dans la forêt, il ne s’agit pas juste de réfléchir aux vers et d’imaginer (ce qui peut se faire dans une classe) mais d’observer et de toucher l’écorce et les feuilles par exemple pour rendre compte de ce qui est observé. Quelle différence entre étudier une rivière en classe (film, photo) et aller la voir dans la nature ? L’inattendu facilite le savoir-faire manipulatoire pour se l’approprier.
– Quelle place laisser à l’éducation sensorielle et comment l’organiser ? Utiliser la nature comme ressource d’enseignement, c’est chercher à décrypter la nature mais avant tout à l’observer avec l’ensemble de ces sens. Comment amener les élèves à la prise en compte de cette ouverture sensorielle et la mettre en lien avec les apprentissages programmatiques?

Nous espérons une grande diversité de regards, émanant de tous les niveaux de l’enseignement, y compris par exemple les lycées agricoles et l’éducation populaire, le périscolaire…

Les propositions d’articles doivent arriver avant le 15 septembre, sous la forme d’un résumé de quelques linges, en explicitant « d’où vous parlez ».
Propositions à envoyer à (remplacer [at] par @) :
laurent.reynaud[at]cahiers-pedagogiques.com<
jean-michel.zakhartchouk[at]cahiers-pedagogiques.com