Éditorial

La pratique des heures de vie de classe (HVC) n’est pas aussi simple qu‘il y paraît. Instituées officiellement en 1999, elles n’ont guère été contestées sur le principe, mais, au-delà de leur inscription officielle à l’emploi du temps, leur mise en place effective connaît des sorts très
divers, depuis les politiques volontaristes et collectives de certains établissements jusqu’aux systèmes d’évitement discrètement installés (HVC inexistantes ou transformées en heures de cours, sauf au moment de préparer les conseils de classe…).

Situées en dehors du temps propre d’enseignement, les HVC sont des moments de dialogue, de réflexion et de proposition qui déplacent le rôle habituel de l’enseignant (il n’est certes pas le seul à intervenir dans ces heures, mais c’est tout de même lui qui les pilote au long de l’année). Autre changement de taille, le statut, dans ces heures, de la parole des élèves : de quels cadres se doter pour faire la place à une parole authentique et utile à la construction
sociale, en évitant les déferlements stériles d’affects et les réglements de compte ?
Il y a donc bien nécessité d’un apprentissage des deux côtés :
– du côté des enseignants, qui devraient pouvoir réfléchir à leur pratique avec d’autres,
lors de formations ou de groupes de travail réguliers ;
– du côté des élèves, nullement habitués, dans le système scolaire français, à donner leur avis ou faire des propositions sur des situations individuelles ou collectives dans un cadre qui permette de rendre cette participation efficiente.

Et apprendre, cela demande du temps et des échanges. On trouve bien sûr d’utiles ressources
sur Internet, comme le gros dossier d’analyses, ressources et témoignages mis en ligne en
2004 par le CNDP. Ce que nous proposons ici est un ensemble de réflexions et d’expériences, de la maternelle au lycée, allant du zoom serré sur un moment de vie de classe
à un cadrage plus large sur la loi à l’école, dans l’esprit des Cahiers : libre au lecteur de vagabonder selon ce qu’il cherche, ou de suivre le fil du propos dans l’ordre des chapitres, qui rassemblent un choix de contributions parues dans notre revue entre 1993 et 2006.

Régis Guyon, professeur d’Histoire-Géographie en collège, académie de Reims.
Florence Castincaud, professeur de Français en collège, académie d’Amiens.


Sommaire

1. Les enjeux
Guy Lavrilleux : Quelle éthique ?
François Audigier : limite des analogies
William Vernet : Introduire du droit, mais sans illusion
Gérard Auguet : Tout est-il négociable ?
Jacques Hagopian : Au moins ne pas amplifier les problèmes

2. La mise en place
Roxane Caty-Leslé : L’heure de vie de classe
Equipe RVP de l’académie d’Orléans-Tours : En lycée professionnel
Christine Gibon : Les Conseils de Vie Lycéenne
Florence Castincaud : Première heure de Professeur principal
Arnaud Dubois et Muriel Wehrung : En classe de troisième
Françoise Inizan-Vrinat : Quand la parole devient acte
Florence Castincaud : Les délégués sont-ils utiles ? (débat en classe)

3. Un travail d’équipe
Jean-François Boulagnon : Citoyenneté au collège Clisthène
Jean-Michel Faivre : Des valeurs et des règles
Régis Guyon : Faire vivre en équipe un outil de suivi

4. Un outil de Vie de Classe : le conseil d’élèves
Patrick Robo : le point sur les « conseils »
Philippe Breton : Apprentissage du débat
Dominique Natanson : L’heure de vie de classe et le Conseil
Odile Sotinel : Un moment solennel en maternelle
Alex Lafosse : Le conseil intercoopératif dans le second degré
Vincent Fréal : Une démarche errante
Marie-Andrée Vanhove : Le « quoi de neuf », un outil ?

5.Le conseil de classe
Martine Azaîs : A l’école, une parole pas scolaire ?
Dominique Natanson : Le conseil de classe confisqué
Florence Lenoble : Des conseils de classe très peu ordinaires

Clôture : Arnaud Dubois : Un lieu pour vivre ensemble