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Apprendre (avec) l’humour

Dossier coordonné par Aurélie Privé et Dominique Seghetchian

L’humour à l’école, est-ce un sujet d’étude ou une plaisanterie ?

On peut penser que ce n’est pas sérieux, tant les recherches manquent. Dans un système scolaire construit sur la leçon, la concentration et l’écoute, l’exercice et le travail répétitif, vouloir introduire l’humour peut paraitre provocateur, car cela renvoie au loisir, à un temps libéré des contraintes et voué au divertissement, qui conduit à considérer que si apprentissage il y a, celui-ci n’est pas la finalité de l’activité. Dans cette vision de l’éducation, l’humour apparait au pire comme un distracteur inutile, au mieux comme un habillage de situations d’apprentissage inchangées, rendues simplement plus ludiques. Si vous partagez ce point de vue, vous avez votre place dans ce dossier.

Ne peut-on cependant pas être plus ambitieux pour l’humour, qui permet, suivant les définitions, « de prendre du recul », « de mettre les difficultés à distance », de constituer « un acte de discours qui s’inscrit dans une situation de communication » , « une forme particulière de l’esprit » qui nécessite un pas de côté ? Le registre de l’humour s’ancre en effet dans des problématiques de l’éducation : l’esprit critique, le climat de classe, voire la formation du citoyen.

L’humour est bien difficile à définir tant il diffère suivant l’angle d’attaque : supports, procédés, effets… Quels rapports avec le rire ? Quelles différences avec le comique, l’ironie, la moquerie, la provocation… ?

Les freins à son utilisation sont nombreux : peut-on rire de tout, et avec tous ? Quels humours selon les communautés disciplinaires, les contextes, les vécus, les âges, les cultures ? L’humour est-il genré ? Est-il compatible avec l’inclusion ?

Comment s’y prendre quand on pense « manquer » soi-même d’humour ? Comment gérer cet espace de risque, en particulier lorsqu’on débute ? Quels rapports avec le pouvoir et le respect ? Comment prendre en compte les sensibilités, en commençant par la sienne ? Peut-on se former à l’humour ? Peut-on vraiment enseigner l’humour à des enfants, à tous les âges, dans toutes les disciplines ?

Mais aussi quels sont les bienfaits de l’humour à l’école, dans la classe et l’établissement ? Sur les personnes et la formation des citoyens ? Quels rapports avec la pédagogie ?

Peut-on évaluer l’effet de l’humour sur les apprentissages ? Sur le climat scolaire ?

Quelle place pour l’humour des élèves ?

Comment faire avec la dimension fortement culturelle (et interculturelle) de l’humour dans ses aspects générationnels, son ancrage dans une époque, des lieux, des expériences, des communautés disciplinaires ?

Nous attendons vos anecdotes, vos récits, vos analyses, le fruit de vos recherches et de vos expériences, de la maternelle à l’université.

Adressez vos propositions en quelques lignes avant le 31 mars aux deux coordinatrices en même temps (remplacer le [at] par @) :

aurelie.prive[at]cahiers-pedagogiques.com

dominique.seghetchian[at]cahiers-pedagogiques.com