Y a-t-il adéquation ou relation directe de cause à effet entre réussite scolaire et réussite professionnelle ? Entre réussite scolaire et réussite sociale ? Entre réussite scolaire et réussite personnelle ?

À l’heure où tous les experts s’accordent à reconnaître que, désormais, l’école ne joue plus son rôle d’ascenseur social- autrement dit que c’est essentiellement la catégorie socioéconomique ou culturelle des familles qui détermine la réussite scolaire – on peut, doit se questionner sur le rôle de l’école et sur son efficience dans le devenir des enfants et des adolescents.

La dichotomie entre enseignements scolaires et compétences exigées dans la société civile n’a jamais été aussi forte. Le parcours professionnel se délinéarise, se fait multiple appelant ainsi une adaptabilité tout au long de la vie. Les entreprises réclament des personnels diplômés mais dans des filières précises. La culture scolaire paraît, si ce n’est sclérosée, du moins à la traîne de la société technologique moderne avec, dans le même temps, des enseignants qui, pour beaucoup, ne possèdent pas les compétences de leurs élèves dans cette sphère-là. Face à cet état des lieux plutôt gris, on peut s’interroger aussi sur la pertinence même de la notion de « réussite scolaire ». Est-ce réussir des examens et acquérir des diplômes, indices précis et institutionnels de niveaux atteints ? Est-ce sortir du système scolaire avec des diplômes le plus tôt, possible ? Est-ce avoir un parcours rectiligne ?

Plus loin, est-ce se couler dans le monde scolaire ô combien formaté ? Mais et de nombreuses études sociologiques le montrent, les « bons » élèves ne sont pas ceux qui réussissent le mieux dans la société civile (en général, ils deviennent enseignants à leur tour tellement bien formatés qu’incapables de sortir du système scolaire !). Et pour la première fois dans l’histoire de l’ère industrielle, la génération à venir aura un niveau économique inférieur à celui de ses parents.

D’autre part, si nous nous tournons vers les autres pays, force est de constater que la notion de réussite scolaire est multiple. Ainsi, par exemple, dans les pays anglo-saxons, la confiance en soi et la réussite personnelle font partie intégrante des objectifs essentiels de l’école. Dans d’autres, c’est l’inscription dans le monde professionnel qui sera valorisée. Enfin, si nous interrogeons l’axe diachronique, un autre questionnement apparaît. Il fut un temps, initié par l’école de Jules Ferry où la réussite scolaire était un phare dans le devenir de l’individu et un tremplin pour une intégration professionnelle méliorative. Or, ces deux vertus se sont, de fait, éteintes. Quelles valeurs, alors, donner à la réussite scolaire ? Quelle place lui attribuer dans le cursus de l’individu ? Dans son intégration sociale et professionnelle ?

F. Sturbaut

Programmation 2014-2015

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