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Vacances d’été : pour une reprise en pente douce

8 avril 2013

Hubert Montagner prépare déjà les vacances ! Et nous propose une conception originale de la fin de l’été pour les élèves de l’école primaire et les adolescents.


Si on organise l’année scolaire selon une alternance de six ou sept semaines de classe et deux semaines de vacances qui coïncident avec des semaines civiles (on évite ainsi les ruptures de rythme provoquées par le retour à l’école au cours de la semaine lorsque la durée des petites vacances est de 11, 12, 13 jours, et donc des effets comparables à ceux observés le lundi, à la sortie du week-end), il est possible de concevoir la fin des vacances d’été selon des modalités qui évitent ou réduisent les polémiques sur la durée des vacances d’été.

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Photo : Est républicain

L’année scolaire se terminant entre le 10 et le 13 juillet, selon le calendrier, la dernière semaine du mois d’août pourrait être décrétée “semaine des enfants et des adolescents”. Dans une ambiance encore imprégnée des vacances, elle permettrait une mobilisation détendue des énergies et ressources de tout ordre dans les quartiers, mairies, associations, qui pourraient consacrer une partie de leur temps aux enfants et aux adolescents encore en vacances et dégagés de toute obligation scolaire. Cette semaine de la fin du mois d’août serait un temps fort qui permettrait aux enfants et aux adolescents de retrouver les copains de classe, de rencontrer d’autres enfants ou adolescents de tous les âges, et de vivre ainsi un ensemble d’activités ludiques, sportives, écologiques, culturelles, artistiques et intellectuelles sans autre finalité que les échanges sociaux et l’acquisition de nouveaux plaisirs et savoirs non encadrés par des programmes. Chacun pourrait libérer dans ce contexte des possibilités, savoir-vivre, savoir-faire non lisibles ou non fonctionnels dans d’autres conditions. Les différents enfants auraient ainsi le sentiment de ne pas être délaissés. alors que leurs parents ont repris le travail ou s’apprêtent à le faire, tout en révélant à leurs partenaires des potentialités et talents qu’on ne leur connaissait pas.

En outre, chacun pourrait former l’idée qu’il a la possibilité de sélectionner un menu d’activités pour les temps non familiaux et les temps non scolaires des différents jours de la semaine tout au long de l’année scolaire qui s’annonce. Enfin, ce temps permettrait aux différents professionnels de l’enfance et de l’adolescence de faire connaissance et d’envisager des rencontres, échanges et coopérations au cours de l’année scolaire, entre eux et avec les équipes éducatives. Il donnerait aux professeurs des écoles en formation des opportunités pour découvrir les particularités libérées des enfants... qu’ils auront ensuite comme élèves.

La première semaine de septembre, cette fois au sein des écoles, en présence de l’équipe éducative (enseignants, RASED, ATSEM...) et des parents disponibles, pourrait permettre aux mairies, associations, organisations, clubs... de préciser ce qu’ils peuvent apporter aux enfants du mois de septembre au mois de juillet avant le temps scolaire du matin, au cours de la pause méridienne, après le temps scolaire de l’après-midi, et au cours des jours ou demi-journées non scolaires (mercredi après-midi, samedi, jours fériés). Ce qui rassurerait les enfants, les familles et les enseignants sur la continuité des différents temps de la journée et de la semaine, sans rupture insécurisante, sans que les enfants aient le sentiment d’être abandonnés et, ainsi, de leur permettre de s’installer peu ou prou dans la sécurité affective.

Ces deux semaines constitueraient pour tous les enfants et adolescents une charnière flexible de remise en confiance, de stabilisation émotionnelle et de reconstitution des repères avec les copains et copines qu’ils n’ont pas vus tout au long de l’été (l), et en même temps avec l’équipe pédagogique, avant le début de l’année scolaire (dernière semaine du mois d’août), puis au sein de l’école (première semaine du mois de septembre), hors contraintes pédagogiques et exigences scolaires. Chacun pourrait ainsi vivre une plage de temps particulière dans des relations non focalisées sur les apprentissages scolaires, au cours d’interactions et d’activités conçues pour déminer les peurs, les inquiétudes, l’anxiété ou les angoisses que certains enfants peuvent nourrir avant la rentrée scolaire.
Hubert Montagner
Professeur des Universités en retraite
ancien Directeur de Recherche à l’INSERM