Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse du mercredi 17 avril 2019


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse du mercredi 17 avril 2019

Inégalités — Organisation — Divers

Beaucoup d’interrogations sur les inégalités et leurs sources dans l’éducation. Des infos sur l’organisation du système, et un peu de "divers" pour terminer cette revue de presse.


Inégalités

Dans les moyens
Education : Le cri d’alarme du maire de La Courneuve
" Depuis ces 10 dernières années, les inégalités territoriales se sont considérablement amplifiées et la situation est devenue critique pour ces millions de Français discriminés. Éducation, santé, emploi, logement, … il n’est plus tolérable que les inégalités de traitement demeurent entre les Français". Maire d’une commune les plus pauvres de France, où les enseignants luttent en ce moment pour le maintien de leurs moyens, Gilles Poux, maire de La Courneuve (93), publie un Atlas des inégalités qui montre la réalité de la commune et de l’Ecole vue du terrain. Un document qui alimente notamment le débat sur l’éducation prioritaire au moment où le ministère doit prendre des décisions.”

Gilles Poux : "l’Éducation nationale dépense moins d’argent pour les enfants de la Courneuve que pour ceux de Paris"
Gilles Poux, maire de la Courneuve : "les politiques de droit commun sont moins dotées sur nos territoires"
La ville de la Courneuve a conçu, avec un cabinet d’études, un « Atlas des inégalités territoriales ». Pour Gilles Poux, maire communiste de la Courneuve, "on est face à une situation complètement injuste, où la République n’est pas dans une démarche d’égalité dans le traitement des territoires, où les services publics de droit commun sont moins dotés sur les territoires notamment de banlieues ou péri-urbains. Les populations ne sont pas traitées à égalité
.”

Violence scolaire : du renfort pour assurer la sécurité dans les lycées franciliens Par Marie-Estelle Pech
VIDÉO - Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, crée une brigade régionale de sécurité pour prévenir la violence dans les lycées. Ce dispositif renforce un système semblable - les équipes mobiles de sécurité - inventé il y a dix ans et qui a fait ses preuves.”

Enseignante agressée à Saint-Denis : "On a l’impression d’être abandonnés par l’Etat" par Marie Quenet
Après l’agression d’une enseignante de Saint-Denis, professeurs et parents ont profité d’une manifestation contre le projet de loi Blanquer, samedi, pour soutenir la victime et dénoncer la violence scolaire. "Pour lutter contre les violences, nous ne voulons pas de barbelés, mais des moyens !" s’emporte un surveillant.”

« La violence, un symptôme du sous-investissement dans l’éducation prioritaire » par Alexandre Fache
Après l’agression jeudi d’une enseignante au collège Elsa-Triolet, à Saint-Denis, les personnels de l’établissement, soutenus par les parents, dénoncent les carences des services publics sur leur territoire.”

On peut également s’interroger : Pourquoi Macron veut-il mettre fin à l’ENA ? Par Louise Cuneo
La fermeture de l’ENA est le symbole du retour à la méritocratie dans un système scolaire qui ne corrige pas les inégalités sociales, mais les aggrave. “La disparition de l’École nationale d’administration répond aux nombreuses critiques recueillies lors des consultations du grand débat à l’encontre de l’élite française. Principaux griefs : les dirigeants et les décideurs de notre pays seraient triés sur le volet par un système scolaire et un enseignement supérieur à plusieurs vitesses qui ne laisseraient pas de place à la méritocratie et à l’égalité des chances.”

Et cette suppression de l’ENA est à mettre en rapport avec l’article de Mme Lebranchu
Fonction publique : Retour aux arrangements selon M Lebranchu
Dans Pour, la revue de la Fsu, Marylise Lebranchu, ancienne ministre de la réforme de l’Etat, revient sur la loi de transformation de la Fonction publique. "Les organisations syndicales ont repoussé à l’unanimité un texte qui parle d’améliorer le « dialogue social ». En fait il s’agit d’affaiblir le rôle des syndicats sous couvert de simplification. Recrutement assumé de contractuels pour des postes de direction, contrats de missions qui curieusement peuvent durer le temps d’un mandat d’élu, rupture conventionnelle… le fondement de la fonction publique est touché par une atteinte au contrôle de l’égalité devant l’embauche et au principe du concours garant de l’anonymat des candidats donc de cette égalité d’accès", estime l’ancienne ministre. "La motivation réelle est le retour des arrangements... Il n’y a aucune raison objective de légiférer encore et sans évaluation de la dernière loi, sans un vrai travail sur les missions sauf à permettre de supprimer des postes plus facilement. Les libéraux ont toujours le même objectif : confier les services à des prestataires pour offrir des marchés à des groupes qui n’attendent que cela même si ce n’est jamais moins cher sur la durée".”

La suppression de l’ENA : un ’’excès d’honneur et d’indignité’’ ? Par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires
Cet excès d’honneur et d’indignité est arrivé aussi aux Jésuites, ce qui a pu en faire des « boucs émissaires » commodes à certains moments de notre histoire.”
Avant la question de la démocratisation du recrutement des hauts fonctionnaires (et de leur capacité d’écoute) , il y a d’abord celle de limiter au maximum le népotisme. Il ne faudrait pas l’oublier au moment d’envisager la suppression de l’ENA : quelles garanties offrir à ce sujet dans ce qui serait mis en place, à sa place ?


Organisation

Exclusif : Premier degré : Une circulaire de rentrée bien normalisante
Selon un projet de circulaire de rentrée, que le Café pédagogique s’est procurée, les enseignants du premier degré ne vont manquer ni de nouveaux "guides orange" ni de "formations" à la clé. La circulaire entame la normalisation de l’école maternelle, avec notamment un enseignement explicite et quotidien du vocabulaire accompagné d’un guide ministériel. Enseignants et Atsems devront suivre des formations locales communes, rapprochant ainsi les deux catégories de personnels. Pour l’école élémentaire, la circulaire ne s’intéresse qu’aux lire - écrire -compter. Le reste n’apparait pas. La circulaire fixe à l’avance les formations que devront suivre les enseignants en lien avec de nouveaux guides ministériels sur l’enseignement de la grammaire , des maths et du lire écrire. Si cela ne suffit pas, ces guides "feront l’objet d’explicitations en direction des enseignants". La circulaire se conclut par l’annonce de visites d’inspecteurs pour "observer" et "prendre la mesure des évolutions". Qu’on se le dise…

LE FAIT DU JOUR : Dédoublements : Un mauvais choix selon une étude
Et si E. Macron et JM. Blanquer avaient choisi la mauvaise voie ? Selon une étude publiée par le Journal of the European Economic Association (N° de décembre 2018), l’utilisation d’un second professeur ou d’un assistant, ce qu’on appelle en France un maitre +, a un impact très positif sur les résultats scolaires des enfants défavorisés. Cet effet a été évalué jusqu’à 30 mois après la fin du dispositif. Il est durable. Pour les auteurs, Simon Calmar Andersen et Helena Skyt Nielsen de l’Aarhus University, Louise Beuchert (VIVE) et Mette Kjærgaard Thomsen (université du sud Danemark), "l’utilisation d’un maitre + est au moins aussi efficace que la réduction de la taille des classes. Or c’est une intervention beaucoup plus flexible capable de s’adresser à un seul groupe d’élèves pour des périodes limitées". Alors que le gouvernement a choisi de supprimer les maitres + pour assurer les CP et Ce1 dédoublés en éducation prioritaire, cette étude apporte des arguments solides pour interroger ce choix.”

Macron : 24 élèves par classe de la GS au CE1
Selon Challenges, le président de la République devrait annoncer deux mesures éducatives dans sa prochaine allocution. Le magazine cite deux extraits du discours présidentiel. « J’ai décidé que jusqu’à la fin du quinquennat, sauf demande des maires, il n’y aura plus aucune fermeture d’école, aucune fermeture d’hôpital sur notre sol... D’ici la fin du mandat partout sur le territoire, de la grande section de maternelle au CE1, les classes accueilleront au maximum 24 élèves ». Si E Macron prend ces décisions, elles affecteront lourdement le budget de l’éducation nationale.”

Le Ministère s’adresse aux acteurs du système éducatif pour Comprendre la réforme de l’organisation territoriale des ministères chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation
L’évolution de l’organisation territoriale des ministères chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation vise à améliorer la gouvernance territoriale des politiques publiques dont ils ont la charge, pour assurer un meilleur service aux usagers.”


Divers

Ce que disent les élèves après quatre années en classe coopérative
L’équipe des classes coopératives du collège Lucien-Vadez de Calais

On entend souvent comme objection aux pédagogies alternatives qu’elles pourraient générer une transition difficile avec un retour dans des classes « plus classiques ». Mais que disent vraiment les élèves qui arrivent au lycée après quatre années en classe coopérative ? Voici quelques éléments de réponse sur cette transition et ce que les élèves retiennent de cette expérience alternative.”

Élections : le vote à 16 ans ?
A partir de quel âge peut-on participer à la vie citoyenne ? Un adolescent de 16 ans est-il assez mature pour glisser son bulletin de vote dans l’urne ? La maire de Paris Anne Hidalgo est favorable au vote à 16 ans. Elle propose à 12 lycées parisiens de tenter l’expérience pour les élections européennes.”

BO spécial 11 avril 2019 : les programmes d’enseignement du lycée professionnel
Le Bulletin officiel spécial n°5 du 11 avril 2019 est consacré aux programmes d’enseignement préparant au baccalauréat professionnel et au certificat d’aptitude professionnelle. Ces nouveaux programmes entrent en vigueur à la rentrée 2019.”

Enseignement supérieur : des diplômés toujours plus nombreux par Marie-Alix Maes
Avec plus de 44 % des 30-34 ans diplômés de l’enseignement supérieur, la France a dépassé les objectifs fixés par la stratégie européenne d’éducation et de formation, en matière de diplômés de l’enseignement supérieur. Un accroissement qui ne va pas sans poser de nombreuses questions.”

Bernard Desclaux


JPEG - 23.5 ko

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 552 - Les dys dans la classe
Dossier coordonné par Nicole Bouin et Émilie Pradel
mars 2019
L’accueil des élèves présentant des troubles des apprentissages, dont les «  dys  », ne va pas sans difficultés au quotidien pour les enseignants. Notre dossier propose des éclairages de chercheurs sur ces troubles et donne la parole aux praticiens de terrain, aux parents, aux anciens élèves dys, aux médecins, aux associations…

N° 551 - Expliciter en classe
Dossier coordonné par Andreea Capitanescu Benetti et Sylvie Grau
février 2019
L’enseignement explicite, de quoi s’agit-il exactement ? Le projet de ce dossier est de faire le point sur ce que disent les chercheurs, les formateurs, mais surtout d’aller explorer ce qui se passe dans les classes. Qui explicite ? Quoi ? Quand et comment ?