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Revue de presse du lundi 8 avril 2019

Réformes et remous - Enseignement - Déprime - Ailleurs

Le gouvernement continue dans les lois et réformes tout azimut et cela provoque de nombreuses réactions. On parle aussi d’enseignement et de déprime. On termine par un petit tour à l’étranger.


Réformes et remous

La cantine à 1 euro lancée d’ici la fin avril
« Les enfants ne devraient plus arriver à l’école le ventre vide. La secrétaire d’État auprès de la ministre de la Santé, Christelle Dubos, a annoncé dimanche le lancement des petits-déjeuners gratuits pour les élèves des quartiers défavorisés dans huit académies test à partir du 17 avril, avant leur généralisation en septembre.
Parallèlement, "la cantine à 1 euro" sera, elle, lancée "d’ici à fin avril", selon son cabinet. "Les communes qui s’engagent recevront une aide de l’État de 2 euros par repas, sachant qu’il coûte en moyenne 4,50 euros. Ça concernera jusqu’à 10. 000 communes", précise Christelle Dubos dans une interview au Journal du Dimanche. »

Lettre à Jean-Michel Blanquer. Philippe Bruyère, enseignant, répond à la lettre adressée par le ministre de l’Éducation nationale aux professeurs.
« Monsieur le ministre,
Je m’octroie une petite pause dans mes copies dominicales pour répondre avec sincérité à votre lettre reçue ce vendredi. Elle a pour titre « la loi pour une école de la confiance », elle débute par « La confiance », et se conclut « avec toute ma confiance ». Sept fois le mot confiance dans une courte lettre. Je m’interroge...
Me vient alors cette question préalable, inévitable, essentielle : pouvons-nous nous faire confiance, Monsieur Blanquer ? Aurais-je dû vous faire confiance lorsque vous aviez promis en arrivant au ministère de ne pas « faire une nouvelle loi » ? Puis-je vous faire confiance lorsque vous proposez une « réforme », donc une amélioration, à moyens constants ? »

L’instruction obligatoire à trois ans va coûter cher aux communes
« En apparence anodin, l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à trois ans va obliger les mairies à financer à égalité maternelles publiques et privées sous contrat… Une dépense que l’Etat ne prévoit pas toujours de prendre en charge. »

Jean-Michel Blanquer : les maux de son maître par Anne-Claire Ruel, conseillère en stratégie d’opinion et enseignante à l’université paris 13
« La lune de miel fut de courte durée entre les enseignants et Jean-Michel Blanquer. Comme un couple où tout glisse sans vague, nous aurions dû nous méfier. La mèche de la contestation était allumée, aujourd’hui nous assistons à l’explosion : dans la rue ce 4 avril des milliers d’enseignants se révoltent contre le projet de loi en préparation baptisé "Loi pour une école de la confiance". Tout un programme. Pourtant ce dispositif n’était pas censé créer de polémique lorsqu’il a été présenté à l’Assemblée fin janvier 2019. Ce projet ne devait être que le véhicule pour faire passer par la loi la promesse présidentielle d’extension de l’instruction obligatoire à 3 ans, promesse du candidat Macron alors en campagne. Depuis le début du quinquennat Jean-Michel Blanquer a été la voix de son maître, aujourd’hui il semble bien souffrir des mêmes maux. La communication du ministre le plus apprécié des Français semble avoir déraillé en seulement quelques semaines. Pourquoi ? »

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur a manipulé les chiffres de Campus France
« Depuis l’annonce très impopulaire de l’augmentation de la hausse des frais d’inscriptions pour les étudiants extra-communautaires, le gouvernement tente par tous les moyens de rassurer. Parfois au détriment de la vérité...
Alors qu’Edouard Philippe et Frédérique Vidal subissent une fronde générale du monde universitaire contre le futur décret “Bienvenue en France”, deux Professeurs de l’Université de Lorraine ont révélé une manipulation des chiffres de Campus France.
Selon eux, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation aurait changé les règles de décompte de candidatures étrangères pour pouvoir multiplier artificiellement leur nombre. L’objectif ? Prouver une stabilité dans le nombre de Demandes d’Acceptation Préalable (DAP) pour montrer que la hausse des frais d’inscriptions ne fait pas fuir les étudiants extra-communautaires. »


Enseignement

« Il faut que le génocide au Rwanda soit enseigné en terminale » Entretien
« Emmanuel Macron a annoncé, vendredi 5 avril, la création d’une commission d’historiens sur le génocide au Rwanda, qui devra notamment réfléchir, dans les deux ans, à son enseignement en France.A sa tête, Vincent Duclert, historien, chercheur à l’EHESS et professeur associé à Sciences Po, qui explique pourquoi cet enseignement est essentiel. »

Professeur documentaliste : l’art d’éveiller les esprits
« Dans les collèges et lycées, les centres de documentation et d’information (CDI) sont des lieux que tous les élèves, sans exception, fréquentent un jour. Une bonne occasion pour mettre en lumière les professionnels chargés d’accueillir les jeunes, mais aussi de participer à leur formation.
Jadis, l’image d’un(e) documentaliste avait quelque chose de rigide, et quasiment aucun lien avec le corps enseignant, mais les choses ont changé. « Le professeur donc a deux casquettes », ajoute Sarah Muller. Celui de la gestion d’un centre de ressources en tant que tel (livres brochures, veille, achat, commandes, mise en valeur du fonds en fonction des besoins des usagers…). Le second volet est bien entendu la fonction pédagogique, « Ce côté où on enseigne l’info documentaire, la recherche d’information dans les documents numériques ou papiers, la quête de fiabilité des sources, tout ce qui est en lien avec l’éducation aux médias ». »

Baisse du niveau des élèves en maths : "On a une école qui fait peur", regrette un professeur
« Bertrand Galliot, enseignant en lycée, estime que les élèves n’osent pas faire part de leurs difficultés aux professeurs.
Les petits Français de plus en plus mauvais en mathématiques. C’est ce que révèle une étude de l’agence statistiques du ministère de l’Education nationale. Un constat partagé par Bertrand Galliot, professeur de maths en lycée et coordinateur du site de soutien scolaire "Les bons profs". D’après lui, il y a "des élèves au lycée qui ne savent pas compter de deux en deux". La faute à "une école qui fait peur" et des professeurs qui ont du mal à arrêter leurs cours pour aider un élève qui confie ses difficultés ».

Il n’y a pas d’âge pour apprendre à parler couramment une langue étrangère
« Presque tout le monde est capable d’apprendre à parler à peu près n’importe quelle langue, à peu près à n’importe quel âge. Il n’est même pas vrai que les enfants les plus jeunes apprennent les langues plus vite que ceux qui sont un peu plus âgés : si vous exposez différents groupes d’âge au même volume d’enseignement dans une langue étrangère, les plus âgés s’en sortiront invariablement mieux, pour leurs premiers pas, comme sur le long terme ».

Les enfants apprennent-ils l’anglais grâce aux séries ?
« Rien ne vaut les interactions pour apprendre, ni de véritables cours. Alex Taylor estime même qu’il manque aux Français un cours sur la musique de la langue anglaise, l’alternance des syllabes prononcées et écrasées. « L’environnement en anglais, les voyages linguistiques ou les nounous anglophones, ce n’est pas donné à tout le monde », objecte Eugène Ernoult, le cofondateur de Pili Pop, une appli du groupe Fleurus d’aide à l’apprentissage de l’anglais et de l’espagnol pour les enfants de 5 à 10 ans. C’est là que le bain linguistique apporté par les séries, applis ou jeux vidéos en réseaux peut aider, mais aider seulement… »


Déprime

Quel est le pire métier du monde selon vous ?
« La plate-forme de recherche d’emploi ChooseMyCompany a établi, en mars 2019, un classement des 20 métiers qui rendent leurs salariés le moins heureux. Parmi les métiers les moins appréciés, on peut noter ceux de clerc de notaire, avec seulement 13 % de salariés motivés, celui d’enseignant (21 %), d’agent de police (27 %) ou encore celui d’opérateur qualité (29 %). »

Prépas : trop de (dé)pression ? Par Christophe Doré
“Deux suicides, l’un d’une élève du lycée Hoche de Versailles et un autre, dimanche dernier, au prestigieux lycée Janson-de-Sailly, à Paris, ont ravivé la polémique sur la pression psychologique, acceptable ou non, subie durant les années préparatoires aux grandes écoles.
Les classes prépas, héritées de Napoléon, souvent critiquées mais jamais supprimées, se placent, dans la tête des parents et des élèves, en opposition avec une faculté fourre-tout qui n’offrirait guère de perspectives de carrière.
Des sociologues ou des universitaires s’opposent toujours par principe à ces filières sélectives où la « vraie » pédagogie serait oubliée au profit d’un « gavage » pour réussir aux concours. Ils reprochent aussi aux prépas de se reproduire entre élites. Peu d’enfants d’ouvriers y accèdent, en effet.”


Ailleurs

Allemagne : école buissonnière ou grève scolaire  ?
« Le mouvement Fridays for Future pour le climat fait débat outre-Rhin. Certains élus veulent punir les écoliers qui sèchent les cours pour manifester. »

L’enseignement privé lucratif, premier responsable de la crise de la dette étudiante américaine
“La croissance rapide de la dette étudiante américaine inquiète de nombreux observateurs qui craignent l’éclatement d’une crise financière systémique analogue à celle des subprimes.
Le montant de cette dette est de l’ordre de 1 500 milliards de dollars. Le coût de plus en plus élevé des études supérieures et la réduction des financements publics, entraînent un recours massif à l’endettement de la part des étudiants. Cependant, la nature de cet endettement est bien différente des autres crédits contractés par les ménages américains. En effet, à la différence des crédits à la consommation et des crédits immobiliers, le crédit destiné aux études supérieures permet la constitution d’un capital humain susceptible de générer des revenus futurs potentiellement élevés.”

Des collégiennes américaines attaquent leur école pour pouvoir porter des pantalons
« Obligées de mettre une jupe chaque jour de l’année, les élèves dénoncent un règlement sexiste. »

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 552 - Les dys dans la classe
Dossier coordonné par Nicole Bouin et Émilie Pradel
mars 2019
L’accueil des élèves présentant des troubles des apprentissages, dont les «  dys  », ne va pas sans difficultés au quotidien pour les enseignants. Notre dossier propose des éclairages de chercheurs sur ces troubles et donne la parole aux praticiens de terrain, aux parents, aux anciens élèves dys, aux médecins, aux associations…

N° 551 - Expliciter en classe
Dossier coordonné par Andreea Capitanescu Benetti et Sylvie Grau
février 2019
L’enseignement explicite, de quoi s’agit-il exactement ? Le projet de ce dossier est de faire le point sur ce que disent les chercheurs, les formateurs, mais surtout d’aller explorer ce qui se passe dans les classes. Qui explicite ? Quoi ? Quand et comment ?