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Revue de presse du lundi 28 janvier 2019

Le plan "violence" promis par Blanquer suite au mouvement #PasDeVague et aux images de la professeure braquée en classe, vient de nouveau d’être reporté.


Violences à l’école : le plan du gouvernement encore reporté
par Laurent Baheux
« Les mesures contre les violences scolaires, évoquées en octobre après le braquage d’une prof à Créteil, devaient être discutées en conseil des ministres mercredi.
Ce ne sera toujours pas pour cette fois. Selon les informations du Parisien - Aujourd’hui en France, l’annonce du plan contre les violences scolaires est de nouveau reportée à une date encore indéterminée. Les mesures, qui devaient être au moins en partie abordées en conseil des ministres mercredi, font encore l’objet d’intenses discussions entre les ministères concernés – l’Éducation nationale, l’Intérieur et la Santé –, Matignon et l’Élysée.
Un point bloque particulièrement : celui de la « responsabilisation des parents ». Évoquée en octobre après le braquage d’une professeur de Créteil (Val-de-Marne) par un élève muni d’une arme, cette piste est particulièrement sensible. La réflexion autour de la suppression des allocations familiales pour les parents d’enfants violents, révélée par Le Parisien début janvier, a crispé plusieurs députés LREM.
La crise des Gilets jaunes a contraint le gouvernement à ajourner de nouveau le projet à ce conseil des ministres du 30 janvier. Aujourd’hui, personne ne se risque à parier sur le nouveau calendrier. »

Violences à l’école : les pistes du gouvernement
Dans cet article du Parisien du 26 octobre 2018, trois ministres [avaient] présenté leurs pistes d’action après l’affaire de la professeure braquée à Créteil.
« Des forces de l’ordre dans les établissements ? L’idée vient du nouveau ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui « n’exclut pas la présence physique des forces de l’ordre » dans les établissements « dans les quartiers les plus diffciles ».
Cette présence pourrait être décidée « à des moments de tension particulière dans la journée » et « évidemment avec l’accord du chef d’établissement », a précisé Christophe Castaner, prônant « une approche quartier par quartier », plutôt qu’une circulaire nationale. Il faut que « l’école soit un endroit sanctuarisé, protégé, que nos enseignants soient protégés et que nos élèves soient aussi protégés de ces violences inacceptables », a-t-il insisté.
Des mesures pour « remettre de l’ordre » à l’école. Jean-Michel Blanquer a notamment évoqué l’idée du « renforcement des équipes mobiles de sécurité qui permettent de remettre l’ordre dans un établissement ». Ces équipes, composées de 10 à 50 personnes, associent des personnels appartenant à l’Éducation nationale (chef d’établissement, enseignant, conseiller principal d’éducation…) et des spécialistes de la sécurité recrutés avec l’aide du ministère de l’Intérieur (adjoint de sécurité, policier ou gendarme à la retraite, médiateur, brigade des mineurs, brigade de prévention de la délinquance juvénile…). »

L’annonce qui avait ému la sphère scolaire selon laquelle “Le gouvernement voulaitt couper les allocations des parents des élèves violents ” ne semble plus d’actualité.

Violence à l’école : « Pénaliser les familles ne ferait qu’accroître les inégalités »
« A l’inverse de ce qui reste envisagé par le gouvernement, la mesure la plus efficace pour faire diminuer les problèmes de comportement des jeunes consiste à augmenter les ressources des familles », souligne Maria Melchior, épidémiologiste, dans une tribune au « Monde ».
« 
En déclarant, le 11 janvier, que « toutes les pistes sont ouvertes », le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a relancé le débat sur l’éventualité de pénaliser financièrement les familles dont les enfants « sont violents ». Une possibilité qui, par ailleurs, existe déjà par l’intermédiaire du « contrat de responsabilité parentale »
Selon la chercheuse, les enfants dont les parents sont peu qualifiés, sans emploi, et surtout ceux qui rencontrent des difficultés financières, ont des niveaux deux à trois fois plus élevés de troubles des conduites. En cause : les effets des problèmes matériels sur la capacité des parents à faire face aux besoins de leurs enfants, le stress chronique, sur fond d’insuffisance de structures adaptées au soutien à la parentalité.
Comme le rappelle un rapport récent du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), en France, trois millions d’enfants (c’est-à-dire un sur cinq) grandissent dans une famille pauvre.
 »

Stéphane Testé, un ex-dirlo contre la violence scolaire
Par Amandine Hirou, dans l’Express.
Le député Stéphane Testé, ancien directeur d’école et coauteur d’un rapport sur la sécurité à l’école, se livre pour la première fois sur sa mission.
« D’abord dissiper un malentendu. "L’idée de toucher aux allocations des familles perçues comme responsables de la violence de leurs enfants n’apparaît pas dans le rapport que nous nous apprêtons à remettre", affirme d’emblée Stéphane Testé, député (LREM) de Seine-Saint-Denis.

Une trentaine d’acteurs (syndicats d’enseignants, de direction, de parents d’élèves, chercheurs, recteurs d’académie, collectivités territoriales, représentants des ministères de la justice, de la santé, des affaires sociales, de l’Agence nationale de rénovation urbaine...) se sont succédé devant les membres de cette “commission” créée depuis deux mois. Leurs travaux tournent autour de "trois dimensions fondamentales", parmi lesquelles "la responsabilisation des familles et l’accompagnement à la parentalité".
Les autres travaux de son groupe ont porté sur la sécurisation des abords des établissements.
Le sort des élèves hautement perturbateurs et des "poly exclus", qui passent d’établissement en établissement, est également au centre des préoccupations.
"Les fameux établissements de réinsertion scolaire (ERS) créés il y a quelques années n’ont pas porté leurs fruits... En revanche, le recours au système d’internat me semble intéressant".
 »

Le sujet est l’occasion de clivage entre les marcheurs issus de la droite et ceux issus de la gauche. Le rapport Testé est plutôt inspiré de ce coté là. L’actualité étant on ne peut plus chaude, ce n’est pas le moment pour Blanquer de provoquer des divisions dans la majorité.
Catherine Rossignol


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 547 - Des alternatives à l’école ?
Dossier coordonné par Richard Étienne et Jean-Pierre Fournier
septembre-octobre 2018
Qu’en est-il de ces expériences de classes et d’écoles alternatives, dans le système public comme à l’extérieur, voire à l’étranger ? Sur quels principes se fondent-elles ? Comment interroger ces principes ? Un dossier pour voir plus clair dans ce qui, au-delà d’une certaine mode, reste flou.