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Revue de presse du Mardi 10 septembre 2019

OCDE - Effectifs - Comptes - Fake news, good news

Aujourd’hui, on parle chiffres. Ceux de l’OCDE d’abord, ceux des effectifs dans les classes, dans les universités, mais aussi ceux des enseignants ailleurs ensuite. Enfin, on évoque la grogne, car le compte n’est pas bon et on revient sur une information déformée sur la toile, mais joliment saluée par son héros malgré lui.


OCDE

Commençons par la source, les chiffres de l’éducation 2018 publiés par l’OCDE. « Publication de référence sur l’état de l’éducation dans le monde, Regards sur l’éducation : Les indicateurs de l’OCDE fournit des données clés sur la structure, le financement et la performance des systèmes d’éducation des 35 pays de l’OCDE, ainsi que d’un certain nombre de pays partenaires. Avec plus de 100 tableaux et graphiques, et un corpus encore plus riche de données consultables sur notre base de données consacrée à l’éducation, Regards sur l’éducation 2018 présente des données clés sur : les résultats des établissements d’enseignement ; l’impact de l’apprentissage dans les différents pays ; l’accès, la participation et la progression au sein des systèmes d’éducation ; les ressources financières investies dans l’éducation ; et les enseignants, l’environnement d’apprentissage et l’organisation scolaire ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la présentation des chiffres par l’OCDE semble on ne peut plus politique.
Car, les Echos titrent « Les salaires des enseignants en France sont plus élevés que dans la moyenne des pays développés » et complètent ainsi : « Dans son rapport annuel sur l’éducation, publié ce mardi, l’OCDE affirme que les enseignants français perçoivent des salaires effectifs (avec primes et heures supplémentaires) supérieurs à la moyenne des autres pays membres de l’Organisation, sauf pour les professeurs des écoles. »
Dans Libération, Marie Piquemal remarque plutôt « « Excepté au niveau élémentaire, les salaires effectifs des enseignants sont plus élevés que la moyenne de l’OCDE. » Tiens, la phrase a changé de tournure. Les précédents rapports mettaient toujours en avant le salaire des profs, bien inférieur à celui des camarades de l’OCDE. La façon de présenter les choses n’est plus la même.  » et elle insiste « Alors que le ministre a promis des rounds de négociations au fil des mois sur les retraites et les salaires, l’OCDE apporte son grain de sel : « Entre 2015 et 2018, le salaire des enseignants du primaire (primes et paiement d’heures sup non inclus) a augmenté de 3 %. Il reste 7 % inférieur à la moyenne de l’OCDE en début de carrière, l’écart grimpe à 22 % en milieu de carrière et tombe à 2 % à la fin. » » Cet article présente les grands traits des 560 pages du rapport en plus des salaires enseignants.

Le Figaro se concentre sur d’autres parties du rapport, « D’après un rapport de l’OCDE, l’enseignement supérieur est plus accessible, en partie grâce au soutien financier des états qui composent l’organisation. Toutefois, certains secteurs comme l’ingénierie et la construction peinent à recruter des profils qualifiés. »


Effectifs

Ouest-France mentionne des tensions dans le Morbihan. « Des enseignants du lycée professionnel Louis-Armand, à Locminé, étaient mobilisés ce lundi 9 septembre pour dénoncer le manque de personnel en cette rentrée 2019. Ils menacent de démissionner s’ils n’obtiennent pas des moyens supplémentaires. » La raison ? le manque d’enseignants dans l’établissement : « Sur les quarante enseignants de l’an dernier, « il manque trois professeurs titulaires », compte Rémi Hamon, professeur de lettre et histoire. « Des départs qui auraient pu être anticipés. Au lieu de cela, trois contractuels nous ont été affectés en fin de semaine dernière. » Problème, « ils sont peu expérimentés avec les spécialités du lycée. » Une solution d’urgence « contradictoire avec la volonté affichée par le ministère de revaloriser l’enseignement professionnel. » »
De même, mais là ce sont les effectifs en classe, Le Monde évoque « A Vaulx-en-Velin, les enseignants du collège Henri-Barbusse à l’arrêt ». « Le collège Henri-Barbusse compte cinq classes de 6e avec 26 élèves, une autre avec 27 élèves. Pour les enseignants, leur nombre doit se limiter à 24, ce qui était le cas à la rentrée 2018, en vertu de l’éducation inclusive préconisée par le ministre lui-même. « Le nombre de 24 a été reconnu aux Assises sur l’éducation prioritaire, une classe à 25 ou 26, ça change tout, vous ne pouvez plus faire des groupes de travail aléatoires dans les classes, le travail coopératif est compromis », insiste Mathilde Reynier, professeure de français. »
Effectifs toujours, mais à l’université. Enseignement supérieur : Le nombre d’étudiants étrangers non-européens augmente en France dans 20Minutes. Car « Seules sept universités françaises ont décidé d’appliquer cette année la réforme prévoyant une hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers »

On connaît une Pénurie criante d’enseignants en Allemagne et en Belgique. « L’afflux de réfugiés et le rebond de la natalité ont pris l’Allemagne de court : il manque déjà 15.000 professeurs des écoles en cette rentrée, selon la Fondation Bertelsmann. En Belgique, la pénurie, récurrente, toucherait déjà un poste sur trois. »


Comptes

Il n’y aura pas de paillettes dans la vie des futurs retraités de l’Education nationale pense Pascale Fourier sur son blog. « Une baisse de 38% des retraites des enseignants. Près de 1000 euros en moins. Voilà ce qui attend les enseignants avec la réforme par points qui se profile. » Or précise-t-elle « Jean-Michel Blanquer le sait : existe un pacte tacite passé entre le corps des enseignants et les différents gouvernements qui se sont succédé. Des salaires bas quasiment tout au long de leur carrière au vu de leur niveau de diplôme, mais l’assurance d’une retraite confortable. C’est ce que le Ministre de l’Education Nationale lui-même a souligné lors du Conseil des Ministres du 10 Juillet dernier, avant même que Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire chargé de la réforme des retraites, ne présente son projet, le jeudi 18 juillet, quand il a dit, si on en croit le Canard Enchaîné : « Ils ne sont pas très bien payés pendant leur carrière et, ensuite, ils se rattrapent à la retraite ». »
Le Monde associe cette réforme aux autres que connaît l’éducationactuellement. « Si les enseignants ont repris le chemin des classes après avoir contesté la réforme du lycée en juin, une intersyndicale devait se retrouver mardi pour envisager de nouvelles actions.  »


Fake news, good news ?

Hier, La Dépêche débunkait (à la suite de nombreux twittos) une fake news qui circule à l’initiative de l’extrême droite : « Non, Bilal Hassani ne remplace pas Napoléon dans les livres d’histoire de Première ». Mais il y est évoqué en enseignement moral et civique dans une double page sur le cyberharcèlement.
Le jeune homme découvrant cette histoire, en profite pour féliciter l’Education nationale de s’emparer de la question du harcèlement moral : Dans une vidéo postée sur instagram, « Plutôt que répondre à ses détracteurs, Bilal Hassani a rappelé l’importance d’aborder en classe ce sujet "super important", dont il a lui-même été lourdement victime. »

Emilie Kochert


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Sur la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 554 - L’économie à l’école
Dossier coordonné par Florence Rebeschini Aulanier et Monique Royer
juin 2019
L’économie, c’est à la fois un enseignement et un environnement. Comment les faire découvrir aux élèves ? Par quels moyens déconstruire leurs représentations du monde économique et leur faire prendre conscience de leur rôle d’acteurs économiques, de lecteurs critiques de l’information économique et donc de citoyens ?

N° 553 - Pédagogie de l’oral
Dossier coordonné par Peggy Colcanap et Hélène Eveleigh
mai 2019
L’oral a le vent en poupe ! Quels outils utiliser pour aider les élèves à apprendre par ce biais ? Comment provoquer la prise de parole en classe ? Quid du bavardage ? Au-delà de ces pratiques, notre dossier aborde la question de l’évaluation de l’oral, de son rapport à l’écrit et des inégalités qu’il peut mettre en exergue.