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#JourneeDesDroitsDesFemmes - Marche pour le climat initiée par les lycéens - Plan violence reporté

Revue de presse du 8 mars 2019

Climat

« La mobilisation mondiale du 15 mars, lancée par la jeunesse, doit nous interpeller et nous faire réagir »

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires, principalement toulousains, salue « l’entrée en résistance » des jeunes contre l’inaction climatique, mais adresse aussi ses critiques aux institutions de recherche elles-mêmes.
« Des étudiants et des lycéens ont lancé un appel à la "grève mondiale pour le futur", le 15 mars, et à des actions reconductibles chaque vendredi. Nous, personnels de la recherche publique et de l’enseignement supérieur, sommes à leurs côtés et avec les enseignants qui auront choisi de les accompagner. rNous célébrons leur décision « d’entrer en résistance » face à l’inaction politique comme à l’aveuglement ou au consentement passif qui s’en satisfait.
Par la recherche académique, nous avons un accès privilégié aux résultats très alarmants sur les bouleversements écologiques et les dérèglements globaux en cours. Nous savons aussi que ceux-ci résultent des activités d’une partie de l’humanité à travers des systèmes socio-économiques qui ont montré leur incapacité structurelle à prendre en compte le long terme et les limites environnementales. Les tendances actuelles nous conduisent vers des conditions critiques, au point que d’ici quelques décennies à peine l’habitabilité de notre planète pourrait être compromise. »

Les jeunes se mobilisent pour le climat

Une « grève scolaire pour sauver le climat » : le mouvement écologiste dont Greta Thunberg, lycéenne suédoise de 16 ans, est à l’origine se structure et de se développe. À leur tour, les jeunes Français ont manifesté joyeusement à Paris, vendredi 22 février, pour demander aux pouvoirs politiques d’agir contre le réchauffement climatique. Et vite.
Greta nous interpelle depuis bientôt six mois. « Mais pourquoi les jeunes devraient-ils étudier et préparer leur avenir si personne ne fait quoi que ce soit pour assurer cet avenir ? » répond-elle quand on lui demande les raisons de sa grève hebdomadaire. Et nous ? Ne pourrions-nous pas, enseignants, adultes, reprendre cette phrase à notre compte : « Mais pourquoi devrions-nous enseigner et préparer un avenir si celui-ci est tellement compromis ? »
se questionne Jean-Charles Léon pour les Cahiers pédagogiques.

Ce n’est pas le thème le plus glamour, ni le plus polémique, c’est le plus oublié, nié, mis de côté. Mais je remercie nos enfants de nous le rappeler. Sinon, aujourd’hui, c’est la journée de la Femme, pardon, des droits des femmes.
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Egalité femmes-hommes

Éduquer, chaque jour, à l’égalité entre les femmes et les hommes
Parce qu’il reste tant à faire en la matière, l’égalité entre les femmes et les hommes est un combat à mener au quotidien. À la Ligue de l’enseignement, ce combat passe par l’éducation. En cette journée internationale dédiée aux droits des femmes, retour sur quelques actions conduites parla Ligue et ses fédérations.

8 mars 2019 : la France au 12e rang mondial pour l’égalité femmes-hommes
Sur la question de la parité femmes-hommes,la France se retrouve à la 12e place, notamment en raison de sa place peu envieuse sur la question de l’égalité des salaires à poste égal, où elle est située à la 133e place (sur 149 !). Mais aussi une intégration économique des femmes plutôt moyenne, comparée à d’autres pays de même niveau de développement : à peine 33% des postes d’exécutifs et de managers sont occupés par des femmes. Et même si on trouve 39% de femmes à l’Assemblée nationale, aucune femme n’a été présidente de la République et seulement deux ont été respectivement Première ministre et ministre de l’Éducation nationale.

Simone de Beauvoir au « Monde », en 1978 : « J’ai cru trop vite à une proche victoire des femmes »
Archives. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous republions un entretien donné en janvier 1978 par la féministe, auteure du « Deuxième Sexe », à Pierre Viansson-Ponté.
« On ne naît pas femme : on le devient. » C’était l’une des idées centrales du « Deuxième Sexe ». Trente ans après, maintenez-vous cette formule ?
Je la maintiens tout à fait. Tout ce que j’ai lu, vu, appris pendant ces trente années m’a complètement confirmé dans cette idée. On fabrique la féminité comme on fabrique d’ailleurs la masculinité, la virilité.

Et on les fabrique dès les premières années, malgré soi et aussi à l’école.

Julien Clerc, barbecue et manga : un manuel traque le sexisme invisible à l’école
« Profs, vous n’avez désormais plus d’excuses ! un guide débusque toutes les attitudes genrées en classe. Même les vôtres.
Jetez un coup d’oeil dans une cour de récréation : elle est confisquée par les garçons qui jouent au foot, obligeant les filles à se réfugier dans les recoins. En classe, les enseignants consacrent plus de temps aux garçons qu’aux filles, quand ils ne laissent tout simplement pas ceux-ci leur couper allègrement la parole. Sans oublier les personnalités historiques féminines, qui sont presque systématiquement gommées des programmes scolaires…
 » (texte réservé aux abonné.e.s rédigé par Barbara Krief)

Dans les grandes écoles, les étudiantes s’arment pour prendre la parole
Dans les écoles de management comme à Sciences Po, des formations pour apprendre à être à l’aise à l’oral visent particulièrement les femmes, moins encouragées à développer cette capacité.

Protections hygiéniques dans les établissements scolaires : où en est-on ?
Par Marlène Thomas pour Libération.
La newsletter pour adolescentes féministes Les Petites Glo’ lance à l’occasion du 8 mars la campagne #StopPrécaritéMenstruelle afin de réclamer des distributeurs de protections hygiéniques bio et gratuites dans tous les collèges et lycées de France. Une initiative qui fait toujours figure d’exception.
Rebecca Amsellem, directrice générale de Gloria Media (Les Glorieuses et Les Petites Glo) liste plusieurs enjeux : « Le premier est qu’il existe une inégalité économique des filles et des garçons à l’école du fait de ces protections hygiéniques. Notre sondage, réalisé auprès d’ados âgées de 12 à 19 ans, montre que 97% estiment qu’elles sont trop chères. Il y a là un double objectif : l’égalité des classes et des sexes. » L’ampleur des besoins apparaît dans une donnée : 8 personnes menstruées sur 10 se sont déjà trouvées sans protections hygiéniques à l’école alors qu’elles en avaient besoin.

« Nous devons lutter contre l’analphabétisme sexuel »
Un collectif de personnalités, parmi lesquelles Pénélope Bagieu, Daphné Bürki, Mouloud Achour ou Jean-Marc Barr, dénonce, dans une tribune au « Monde », la représentation tronquée du clitoris dans la majorité des manuels scolaires de sciences naturelles et ses conséquences.
Selon un rapport sur l’éducation sexuelle rendu public en juin 2016 par le Haut Conseil à l’égalité, un quart des filles de 15 ans ne savent pas qu’elles possèdent un clitoris, et 83 % d’entre elles ignorent sa fonction érogène. Pourtant, elles sont 53 % à savoir représenter le sexe masculin.

En 2019, seul un manuel de sciences de la vie et de la Terre (SVT) – celui des éditions Magnard – sur huit représente correctement le clitoris.

Des femmes sur la photo !
Françoise Cahen, vous la connaissiez peut-être pour ses antiperles du Bac
qui valorisent les bons mots d’élèves, ou pour son action en faveur de l’étude d’autrices/auteures/auteurs au féminin (choisissez le terme qui convient à votre état d’esprit) au lycée et surtout au Bac. Son dernier combat est de dénoncerl’absence de femmes sur les photos de grands événements.
« Hommes et femmes, nous ne voulons plus de ces brochettes de costards-cravates aux tribunes d’honneur lors des séminaires, des colloques, des congrès : cela ne correspond pas à notre vision de la société. Cette mise en avant des hommes (plutôt blancs et âgés), cet oubli ostensible des femmes nous choque. »

Histoire : la longue marche des filles vers l’université
Selon The Conversation, en 1900, le taux de jeunes filles parmi les étudiants inscrits à l’Université n’est que de 3,3 %. Il ne cesse de croître tout au long du XXe siècle, passant de 10 % en 1914 à 25 % en 1930, 34 % en 1950, 45 % en 1970, 50 % en 1980, 55 % en 2000). Mais les disparités entre les matières sont marquées. Le taux de jeunes filles parmi les étudiants inscrits en lettres s’élève déjà à 7 % en 1900 – contre 3 % en sciences et moins de 1 % en droit.
Mais elles restent minoritaires en IUT (42 %), en classes préparatoires (43 %) et surtout en écoles d’ingénieurs (29 %) – le taux des jeunes filles parmi les élèves d’écoles d’ingénieurs n’a pas dépassé 5 % jusqu’en 1969.

Dans l’enseignement professionnel, les inégalités sont encore plus criantes : 2% de filles vont en mécanique, électricité ou électronique tandis qu’elles sont 91% dans la filière sanitaire et social. Mais on l’oublie trop souvent.


Lois scolaires

Souâd Ayada : « N’oublions pas le lycée professionnel »
La présidente du Conseil supérieur des programmes considère, dans une tribune au « Monde », que le lycée professionnel mérite autant d’égards que le lycée général et qu’il doit, de fait, bénéficier d’enseignements généraux de qualité pour accompagner les élèves vers l’âge adulte.
La voie professionnelle du lycée, alors même qu’elle fait l’objet d’une réforme ambitieuse, ne semble pas bénéficier du même intérêt.
De quoi ce silence est-il le signe ? Sans doute le maintien du baccalauréat professionnel dans sa forme actuelle laisse-t-il croire que le lycée professionnel ne connaîtra de changements que superficiels. Risquons d’autres explications : le discours sur l’égale dignité des voies du lycée français a bien du mal à gagner les esprits.

L’école, notre priorité la plus urgente
Eric Le Boucher / Editorialiste des Echos.
“Dans une société de la connaissance, l’exigence de compétence s’est élevée radicalement. Or l’école française n’a pas suivi. La crise des « gilets jaunes » et le succès du populisme en découlent. Il faut agir.”

La loi pour l’école de la confiance contient-elle des réponses à la crise des gilets jaunes ?
Nelly GUET / Consultante en éducation et membre du Parti libéral démocrate européen (ALDE) “Les questions sur le pouvoir d’achat, les inégalités sociales et l’anxiété face à l’avenir interrogent toutes l’école française. La réponse ministérielle est très largement insuffisante. La régionalisation de l’E.N. s’impose.”

Loi sur l’école : chronique d’un désastre annoncé. Écrit par Figeac Patrick
« Nous nous en doutions ; la première finalité inavouée de la loi sur "L’école de la confiance" est bien de faire des économies sur le dos des plus fragiles en ouvrant l’éducation au marché et à la concurrence. Economie de personnels avec moins de postes administratifs, de vie scolaires et d’enseignants. »

Les changements à venir dans la formation des enseignants
Avec l’adoption, le 19 février dernier, de la loi « pour une école de la confiance », la formation des enseignants change. Objectif : assurer un meilleur suivi des contenus de formation sur tout le territoire.
Dès 2022, le concours des enseignants aura lieu en M2, suivant la volonté des ministres de rendre le concours davantage professionnalisant. Dans une interview à AEF,Édouard Geffray, DGRH du ministère de l’Education nationale et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, explique : « placer le concours en fin de M2 présente de nombreux avantages : cela permet d’abord de ne plus couper le master en deux comme actuellement. Le concours en M2 va permettre d’étaler les objectifs pour les étudiants : en M1 la diplomation ; en M2 le concours et la diplomation ; après le M2 la titularisation ». Instaurer le concours en M2, permettrait donc d’avoir une formation de qualité et d’équité.
Autre élément : l’enjeu financier. En effet, si le concours est déplacé en M2, les étudiants ne seront plus des fonctionnaires stagiaires comme c’est le cas aujourd’hui, mais des étudiants en alternance. Leur rémunération sera moindre, une inquiétude relevée par le Sgen CFDT, qui demande : « une rémunération au moins égale à celle perçue par les fonctionnaires stagiaires actuels ».
La disparition des ESPÉ au profit des INSPÉ (instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation) illustre elle aussi la volonté de Jean-Michel Blanquer et de Frédérique Vidal de « faire évoluer la qualité de l’enseignement ». Dans ces futurs instituts nationaux, la volonté est surtout de reprendre en main la formation des enseignants par le ministère de l’Éducation nationale.

Le plan contre les violences scolaires (encore) reporté à cause des allocs
Jean-Michel Blanquer ne parvient pas à boucler son plan annoncé depuis octobre. Des ministres s’opposent sur un point central.

Nouveau report du « plan violences » dans le milieu scolaire
Ce projet devait être détaillé mercredi en conseil des ministres. Les syndicats voient dans l’inaction des politiques un enterrement de première classe.
Par Mattea Battaglia
Un enterrement de première classe, faute d’arbitrage sur un sujet sensible ? C’est en tout cas ce que suggèrent, face au silence politique, bon nombre de syndicalistes, enseignants ou chefs d’établissement.
Personne, dans les rangs syndicaux, n’a oublié la levée de boucliers suscitée par la piste de sanctions financières... Sur les réseaux sociaux, les députés, y compris ceux de la majorité, l’avaient rejetée en bloc....
Comment, alors ? Les enseignants sont catégoriques : point de « recettes miracles » ; c’est en travaillant « au quotidien » et « en équipe » sur le climat scolaire qu’on l’améliore. « Quoi de mieux pour l’apaiser que des personnels d’encadrement formés et en nombre suffisant ? », questionne Claire Guéville, du SNES-FSU, en rappelant que la rentrée prochaine se fera avec plus de 2 600 postes en moins dans le second degré. « Il faut avancer sur la refonte de l’éducation prioritaire, travailler sur les collectifs d’enseignants », pointe également le chercheur Benjamin Moignard.

On peut y réfléchir quand même à la lecture de cet article de La Croix par Denis Peiron.
Violences scolaires, les approches qui marchent
Alors que le gouvernement doit aborder mercredi 6 mars, en conseil des ministres,le sujet de la violence scolaire, tour d’horizon des méthodes qui ont fait leurs preuves.
A propose de la suspension des allocations familiales pour les parents d’élèves violents considérant avec complaisance l’attitude de leur enfant.« Une mesure anecdotique, un peu spectaculaire, qui stigmatiserait les familles les plus populaires – les plus sensibles à une baisse de revenus – et pourrait s’avérer contre-productive », met en garde Éric Debarbieux, ex-délégué ministériel à la prévention de la violence scolaire.Pour cet universitaire, ancien éducateur spécialisé, la lutte contre ce fléau, relativement stable ces dernières années, passe avant tout par « une amélioration du climat scolaire.

Et donc une équipe d’enseignants stable, connectés ou non.
Catherine Rossignol


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 548 - Des collectifs enseignants connectés
Dossier coordonné par Régis Forgione, Fabien Hobart et Jean-Philippe Maitre
novembre 2018
De nombreux champs d’actions du métier enseignant ont été transformés à mesure que l’informatique a envahi les lieux professionnels et personnels des enseignants. Comment définir aujourd’hui ce qu’est un collectif d’enseignants connectés et comment le numérique prend place dans son fonctionnement ?

Hors-série numérique n° 50 - Le bac, hier et aujourd’hui

septembre 2018
Dans le contexte de la réforme du baccalauréat et de la mise en place des nouvelles procédures d’accès aux études supérieures, ce hors-série revient sur de nombreuses tentatives de réformes plus ou moins fructueuses. Bac + 3, bac - 3, orientation, bac pro… quels leviers pour offrir une école plus démocratique ?