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Revue de presse du 13 juin 2013

Le bac, le bac, le bac... Bref, le bac !

En écoutant ce matin Vincent Peillon, invité de la Matinale de la chaine Canal+, je me suis dit : "Voilà le sommaire de la revue de presse du jour livré avec le petit déjeuner, merci Monsieur le Ministre !" Au menu donc :
- le lien entre cursus scolaire, bac et monde du travail
- la place du numérique et la question du droit à l’usage du web aux épreuves du Bac
- le bac à l’épreuve de l’évolution
- A.P.B et P.T.B.D les 2 sigles du jour

Comment se portent les relations entre l’école et le monde de l’emploi ?

Selon le Ministre de l’éducation nationale, qui répondait ce matin aux questions d’Ariane Massenet sur Canal+ , ces relations entre l’institution et le monde du travail, sans être parfaites, témoignent toutefois d’une évolution notable. Le déploiement de cursus variés et plus adaptés à certains profils d’élèves, comme à certaines réalités économiques, ont permis de tisser de nouveaux liens entre formation et métier. Vincent Peillon rappelle ainsi qu’aujourd’hui, « la moitié des bacheliers sont issus de filières technologiques ou professionnelles », filières qui, permettez-moi d’ajouter au passage, développent chez ces jeunes adultes des compétences certaines et des aptitudes recherchées tant dans un certain nombre de formations post-bac que -pour ceux qui s’y plongent dès l’obtention de leur bac - dans le monde du travail." A l’heure actuelle, souligne encore Vincent Peillon, « l’éducation nationale délivre 700 diplômes professionnels » qu’il faut néanmoins actualiser si la France souhaite à la fois relever les grands défis du XXIème siècle mais aussi, et c’est là un point crucial, réduire ce chiffre abyssal qui nous rappelle, non sans effroi, que 25% de nos jeunes sont actuellement au chômage. Aussi, comme on pourrait le lire dans un bulletin scolaire, certes les frémissements d’un changement ont été perçus ces derniers mois, mais une marge de progrès demeure encore importante... notamment dans les domaines des langues étrangères et du numérique.

Tiens, et puisqu’on en parle...


Le numérique : oui/non, un peu, beaucoup, mais surtout jusqu’où ?

Alors qu’en France, en 2013 on se pose encore des questions sur la légitimité, la fonction, les enjeux et la place du numérique à l’école -mis à part quelques enseignants curieux et novateurs qui s’y sont impliqués en marge et en amont de toute réforme proclamée (clin d’œil à ceux qui se reconnaissent)- nos voisins danois eux, expérimentent depuis 2010 le droit à l’usage du web lors des épreuves finales du baccalauréat. Ainsi, comme nous l’explique l’article du Huffington-Post, puisqu’il s’agit d’évaluer les élèves sur des compétences (eh oui, chers collègues, vous avez bien lu...), le fait de les laisser travailler en surfant sur le net ou en cherchant dans des ouvrages ne dénature en rien la finalité de ces épreuves. Pour Steen Lassen, conseiller auprès du ministère de l’Éducation, « autoriser l’accès à Internet n’est pas une révolution mais plutôt une évolution », Il ajoute encore : « Les réponses n’existent pas sur Internet dans leur forme finale, prêtes à être copiées-collées » Voilà qui est dit... On retrouve Steen Lassen, interviewé cette fois-ci par Le Point Il explique l’historique et la démarche en ces termes : « Les examens se tenaient déjà depuis plusieurs années au format numérique. [...] Après réflexion, nous avons voulu renforcer le lien entre les TIC (technologies de l’information et de la communication) et les élèves, qui utilisaient déjà Internet pendant les cours. C’est plus cohérent : apprentissages et évaluations sont désormais réalisés dans les mêmes conditions ». Voilà qui est est clair...

Et nous, en France, sommes-nous prêts à lâcher le starter et à passer la seconde ? ce serait un bon signal de changement... de paradigme ! Vous ne trouvez pas ?


Et si on allait plus loin encore ?

Plus radical, en effet, cet article de Thierry Gaudin, ingénieur général des Mines et Jean-Charles Pomerol, ancien président de l’université Pierre et Marie Curie paru ce matin dans Les Echos n’hésite pas à titrer : Il faut supprimer le bac ! Et d’entrée de jeu, ils posent leurs premiers arguments : « ...avec un taux de réussite de 85 % (89 % au bac général), le baccalauréat est devenu un simple certificat de scolarité. Il n’est plus besoin d’en faire un examen national qui coûte près de 100 millions à organiser, avec tous les risques d’erreur et de fraude, et qui mange trois semaines de la vie des lycées et de certains collèges. » La polémique sur l’utilité et le coût de bac est soulignée également par Claude Lelièvre sur le site EducPro de l’Etudiant. L’historien et spécialiste de l’éducation explique que la lente et progressive disciplinarisation de l’épreuve serait à l’origine de l’inflation du budget du bac et des dernières années de lycée : « Désormais, il y a une agglomération de disciplines qui veulent toutes bénéficier d’une reconnaissance et occuper leur place dans les séries. » Boulimique d’écrits en tout genre et traditionnellement ancrée dans une logique de compartimentation des matières de plus en plus inopérante dans le monde actuel, la France devra bien accepter un jour ou l’autre de faire évoluer ce sacro-saint baccalauréat. Pour Claude Lelièvre, deux options sont envisageables : soit transformer le bac en un et un seul certificat de fin d’études obligatoires, attestant d’une culture commune soit revenir à la logique du bac d’origine qui reprendrait alors la forme d’un examen d’entrée à l’université.
A noter également sur le web, à propos du bac et de la scolarité à la française, cet article de Christian Jacomino paru sur Educavox Docteur en sciences du langage et praticien pédagogue, il dénonce également la lourdeur des programmes et des disciplines. Il écrit : « Les élèves des collèges et des lycées français ont des programmes beaucoup plus chargés que ceux d’aucun autre pays de l’OCDE. Et, quand il s’agit de corriger le bac, les professeurs se plaignent de la médiocrité du niveau atteint dans la plupart des matières, même les plus importantes. Mais aucun ministre ne se décide à réduire significativement le nombre des disciplines obligatoires »

A bon entendeur...


A.P.B. disent les uns, P.T.B.D. disent les autres !

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Le dessin de Fabien Crégut

Eh oui, la réforme du bac n’étant pas pour tout de suite et le bac, lui, étant presque pour demain... une dernière info d’importance si vous l’aviez manquée : n’oubliez pas, chers élèves, qu’aujourd’hui a débuté la phase 1 des réponses à vos propositions d’admission ! Alors, si vous n’étiez pas connectés à 14 heures, pas de stress inutile, gardez précieusement l’adresse d’ d’Admission.Post.Bac. et si le site est surchargé, n’hésitez pas à y revenir demain.

Parce que l’actu ça se lit, se commente et se partage, à votre tour de relayer !
A demain donc, en compagnie de Bernard Desclaux, votre chroniqueur du vendredi !

Ostiane Mathon