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Éditorial du n° 564, « La coéducation permanente »

Revenir à la raison

Cécile Blanchard

6 novembre 2020

La peur et la précipitation sont très mauvaises conseillères, dit-on. Ça n’a pas empêché un nombre invraisemblable de gens de se précipiter sur des diagnostics hâtifs dès les premières heures qui ont suivi la mort de Samuel Paty, alors qu’on n’en savait encore presque rien.

Il a été assassiné de manière atroce pour avoir fait son métier dans l’école de la République. Un tel évènement invite à la réflexion, au recul, et à ne pas caricaturer le débat en prêtant à quiconque des idées qu’il ou elle n’a pas, en jetant l’anathème sur Untel ou Unetelle qui ne pense pas comme soi. Dire que les musulmans dans leur majorité n’ont rien à voir avec ça n’équivaut pas à fournir des couteaux aux prêcheurs de haine.

C’est à force de réactions éruptives, désordonnées et outrées que la France est privée du débat collectif dont elle a besoin pour prendre la véritable mesure de ce qu’il s’est passé ce 16 octobre, mais déjà les 7, 8 et 9 janvier 2015, et, avant, en mars 2012.
Quel contraste avec la façon dont, au sein de l’école, les enseignants cherchent à trouver des réponses éducatives, dans la nuance et la réflexion !

Les premières mesures annoncées par le Gouvernement laissent bien des éducateurs dubitatifs.

Faut-il absolument décider dans l’urgence (la réponse est dans la question), prétendre tout changer, brandir des solutions d’un air martial (qui sont déjà contenues dans les programmes fondateurs de l’enseignement moral et civique) et, finalement, rajouter du bruit au bruit ? L’école, la laïcité et l’avenir des enfants valent mieux que ça !

Ne peut-on laisser aux enseignants le temps long ? Leur faire confiance, réellement, parce que ce sont des professionnels ? Ils sauront dire ce dont ils ont besoin, en termes d’outils et de formation, sans qu’on leur en impose. Et, à terme, une fois l’émotion passée (et dite, dans l’espace protégé que doit être la classe), le débat pourra avoir lieu, avec les enfants, les parents, et tous les acteurs éducatifs, dans l’école et tous les autres espaces éducatifs. Le CRAP-Cahiers pédagogiques y prendra part.

Sur la librairie

 

La coéducation permanente

Que pouvons-nous faire ensemble pour aider tous les enfants à grandir et mieux apprendre à l’école ? Pour ne pas se contenter d’une cohabitation plus ou moins forcée mais réfléchir à la place de chacun, croiser les regards et conjuguer les actions au bénéfice des enfants ?