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L’actualité éducative du N°454 de juin 2007

Quelles compétences minimales en français ?

Par Dorothée Dupleix

Dans le cadre de la rénovation de sa politique d’intégration, le précédent gouvernement a mis en place un « contrat d’accueil et d’intégration » (CAI) [2] qui précise les conditions dans lesquelles le ressortissant étranger bénéficie d’une formation de base à la langue française. Cette formation sera validée par le nouveau diplôme initial de langue française, le DILF. Il nous a semblé intéressant de faire connaître son contenu à nos lecteurs, dont nous espérons, à la suite de cette présentation très institutionnelle, des témoignages et réactions.

La direction générale de l’enseignement scolaire a chargé le Ciep [3] de la gestion pédagogique et administrative du Diplôme initial de langue française qui a été officialisé par un décret de décembre 2006 du ministère de l’Education nationale.
Conçu comme l’étape initiale d’un parcours de certification, ce diplôme peut être proposé à tous les publics relevant d’un niveau minimal de compétence en français : grands débutants et nouveaux arrivants en France, souvent peu ou mal scolarisés dans leurs pays, parfois non-lecteurs, non-scripteurs au début de leur apprentissage du français.
Le Dilf prend place dans la lignée des diplômes de français langue étrangère du ministère de l’Education nationale et constitue ainsi une première étape vers le Délf (Diplôme d’étude en langue française) et le Dalf (Diplôme approfondi de langue française). Ces diplômes ont été harmonisés en 2005 sur les six niveaux de compétence du Cadre européen commun de référence pour les langues [4] du Conseil de l’Europe : élémentaires (A1 et A2), intermédiaires (B1 et B2), avancés (C1 et C2).
Le Dilf évalue, à l’oral et à l’écrit, la maîtrise de la compétence de communication, ainsi
que celle des formes du français correspondantes (fonctions, notions, lexique, structures) décrites dans le Référentiel pour les premiers acquis en français.
L’apprenant / utilisateur A.1.1 peut :
- comprendre quelques expressions familières et quotidiennes utilisées dans des situations de communication de la vie quotidienne ainsi que des énoncés très simples visant à satisfaire certains besoins concrets de la vie sociale et en utiliser certains ;
- s’identifier et répondre à des questions concernant, par exemple, sa nationalité, son
âge, son état civil, sa profession, son lieu d’habitation, ... et, éventuellement, poser des questions très simples dans des situations de la vie quotidienne ;
- communiquer, de façon très simple, en ayant aussi recours à sa langue maternelle ou à d’autres langues acquises, si l’interlocuteur parle lentement et distinctement et se montre
coopératif et bienveillant. Il peut parler de lui et de son environnement immédiat.
Les quatre compétences langagières sont évaluées : réception orale (quatre activités),
réception écrite (cinq activités), production orale (cinq activités), production écrite (quatre
activités).

Le Dilf et le Référentiel pour les premiers acquis en français ont été expérimentés, avant d’être utilisés sur l’ensemble du territoire, dans 8 organismes de Bilan de prescription d’évaluation linguistique (BPEL).
Certaines activités du Dilf ont été adaptées pour un public de grands débutants en français
langue étrangère : doubles consignes (écrites et orales), répétition des messages sonores, supports iconographiques, bienveillance de l’examinateur lors des épreuves de production.
Depuis le 1er janvier 2007, il est désormais possible de passer le Dilf dans plus de 50 centres en France. Conçu comme une première marche dans le parcours d’apprentissage de tout apprenant grand débutant en français langue étrangère, le Dilf veut contribuer à inscrire les nouveaux arrivants [5], ou toute autre personne en situation de besoin linguistique, dans une dynamique positive et valorisante indispensable à la réussite de son intégration.

Dorothée Dupleix, chargée du Dilf au Ciep de Sèvres.


[1Loi du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et l’intégration,décret d’application publié le 23 décembre 2006.

[2Loi du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et l’intégration,décret d’application publié le 23 décembre 2006.

[3Le Ciep est un établissement public national à caractère administratif, sous tutelle du ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’évaluation en français langue étrangère (Cf. décret n°2000-1017 du 12 octobre 2000).

[4Conseil de l’Europe, Cadre européen commun de référence pour les langues (apprendre, enseigner, évaluer), Conseil de la coopération culturelle, Comité de l’éducation, Division des politiques linguistiques - Strasbourg - Paris : Didier, 2001.

[5N.D.L.R. : Il s’agit bien sûr d’étrangers ayant obtenu un
titre de séjour.