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Lire c’est comprendre

Un dossier coordonné par Elisabeth Bussienne et Ben Aïda


La compréhension occupe-t-elle la place qu’elle devrait dans l’enseignement de la lecture ? Si la compréhension par les élèves des divers textes qu’ils ont à lire reste un objectif reconnu aux différents niveaux de l’enseignement et selon les possibilités de chaque âge, les outils didactiques pour mettre en œuvre cet enseignement complexe sont récents et les pratiques variables. En effet, le travail de compréhension s’est longtemps borné à la « vérification » par des questions, orales ou écrites, et à leur correction. Les recherches en didactique ont permis de mieux appréhender ce qui se joue pour le lecteur, les dispositifs se sont diversifiés et comprendre est devenu un objet d’enseignement.

Ce dossier souhaite interroger les deux notions suivantes et la façon dont elles s’articulent :
• Comment comprendre un texte lu ? Quelles compétences, quelles pratiques, quelle progressivité au long de la scolarité, de la maternelle au lycée, voire à l’université ?
• Comment « apprendre à comprendre » ? Y a-t-il des apprentissages décrochés, méthodologiques, non seulement dans le premier degré mais aussi au collège et au lycée ? Là où il y en a, que sait-on sur leur efficacité ? Comment ces apprentissages s’articulent-ils avec la « vraie » lecture dans des situations diversifiées ?

Nous nous demanderons ce qu’est comprendre :
• Peut-on parler de lire ET comprendre comme de deux activités articulées mais différentes, ou dire que « lire c’est comprendre » comme l’ont affirmé des instructions officielles du premier degré (1985) ?
• Qu’est-ce qui nous fait dire qu’un élève « a compris », ou non, ou partiellement un texte ? Y a-t-il des niveaux de compréhension ? Comment évaluons-nous ?
• Aborde-t-on de la même manière la compréhension d’un texte court, d’un texte long, ou encore d’une œuvre littéraire complète ?
• Faut-il des prérequis, un bagage socioculturel pour comprendre sa lecture ?
• Peut-on comprendre un texte sans l’interpréter ?

Quand on pense « comprendre ce qu’on lit », on pense d’abord à tout ce qui relève du cours de français et à la littérature, et ce dossier en traitera. Mais nous voulons aussi donner la parole aux enseignants de toutes les disciplines :
• Quelles difficultés pour les élèves, quelles activités en classe pour les aider à comprendre des textes dans les domaines des sciences ou des sciences humaines, y compris les textes de leurs manuels ? Ces textes sont souvent « pluricodés », avec des schémas, des illustrations, des graphiques, etc. : quelles compétences pour les comprendre ? Comment et quand faire travailler ces compétences aux élèves ?
• L’école prend-elle en compte (le peut-elle, le doit-elle ?) la diversification des supports de lecture induite par le numérique ? Si toutefois la lecture de documents « sur écran » change quelque chose aux opérations intellectuelles nécessaires pour les comprendre.

Nous souhaitons donc recevoir des articles qui présentent et analysent vos pratiques, vos dispositifs pour enseigner la compréhension ou faire comprendre les textes et à tous les niveaux de la scolarité, dans toutes les disciplines ou lors d’activités pluridisciplinaires, bref dans toutes les situations où les élèves sont amenés à lire et à utiliser l’écrit. Nous nous intéressons aussi aux difficultés rencontrées et à leur nature, tant par les élèves que par leurs enseignants, et aux limites des activités mises en œuvre, donc aux questions qui subsistent. Comment faites-vous pour rendre les textes accessibles à la compréhension de vos élèves sans rien céder sur l’exigence des œuvres abordées ?

Et si vous le souhaitez, nous pouvons vous aider à mettre en forme votre article.
Merci d’envoyer vos propositions de contributions (5 à 10 lignes) avant le 15 janvier à
elisabeth.bussienne[at]cahiers-pedagogiques.com
ben.aida[at]cahiers-pedagogiques.com