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Les élèves et l’évaluation

Un dossier coordonné par Sylvie Grau et Isabel Pannier

18 mai 2020

Les débats sur l’évaluation ont été nombreux et se sont souvent attachés à dénoncer certaines pratiques. Sans évincer la dimension critique que peut recouvrir ce questionnement, le dossier que nous préparons sera centré sur le lien entre l’évaluation et les apprentissages du point de vue de l’élève, dans une perspective de rapprochement entre pédagogie et didactique et sans réduire la complexité des questions ouvertes par le sujet.

Ce dossier veut questionner l’évaluation du point de vue de l’élève et de ses apprentissages. Derrière le mot « évaluation », nous comprenons la diversité des situations qui portent un jugement sur l’activité de l’élève. Toutes ces situations ne sont pas explicitement présentées aux élèves comme des évaluations, mais elles peuvent être interprétées comme telles. Elles montrent à l’élève l’écart entre l’attendu et le réalisé, écart par rapport à une attente ou à une norme à différents niveaux (programme, attitude, règles de la classe…), qu’elles soient explicites ou implicites. Les évaluations peuvent être construites par l’enseignant mais aussi être pensées par d’autres instances de l’Éducation nationale, par des chercheurs, par des éditeurs ou des concepteurs de logiciels. Elles peuvent être vécues en présentiel ou à distance.

Notre intention est de mieux comprendre en quoi ce jugement permet à l’élève d’avancer, par son effet sur sa motivation, son implication, ou sur ses connaissances et compétences, y compris ses compétences psychosociales, ou au contraire peut constituer un frein. Il s’agit d’essayer de comprendre à quelles conditions et comment l’élève peut profiter de l’évaluation de son travail pour progresser dans ses apprentissages. Partant de l’hypothèse que « évaluer c’est donner de la valeur », nous recherchons des articles qui témoigneraient de pratiques, d’analyses, de recherches et de réflexions autour des productions d’élèves ou des questions qui suivent :

• Quand, comment, et à quelle fréquence l’évaluation est-elle véritablement utile, nécessaire aux apprentissages ? À quelles conditions les élèves peuvent-ils en faire un outil au service de la construction de leur autonomie dans l’apprentissage ?
• Quel sens a la « correction » suivant les formes qui lui sont données ? Quels feedbacks sont particulièrement utiles pour l’élève ? Quel rôle ont les accompagnants dans ce traitement des erreurs ?
• Quels peuvent être les effets à court et à long terme des modalités d’évaluation mises en œuvre ? Que penser de la triche et de son lien à l’évaluation ?
• Que faire des situations d’apprentissage qui ne semblent pas relever d’une évaluation aux yeux des élèves mais peuvent pourtant jouer ce rôle ? (Par exemple : ce qui se dit en récréation ou sur les temps informels, les attitudes et les échanges lors d’entretiens, de temps spécifiques d’accompagnement, d’aide.)
• Quelle évaluation se pratique en situation professionnelle ? (En particulier avec le double regard de l’école et du milieu professionnel, l’évaluation des stages, la spécificité des grilles de compétences.)
• Comment les outils, la fréquence et les modes de communication des résultats jouent-ils sur le sens de l’évaluation ? (Livrets, logiciels, carnet de réussite, portfolio, entretiens, épreuves signées, etc.)
• Quel rôle a la « notation » ? Comment initier l’élève à l’auto-évaluation et dans quel but ?
• Comment évaluer sans décourager ? À quel moment l’évaluation devient-elle contre-productive (punitive, démobilisatrice, chronophage…) ?
• Qu’est-ce qui est efficace pour réfléchir sur ses pratiques évaluatives : prendre en compte les feedbacks des élèves ou leurs simples réactions quand ils reçoivent les résultats ? (mais aussi travailler en binôme de profs d’une même discipline, échanger les copies, etc.)

Nous recherchons des textes d’enseignants, d’élèves, de chercheurs ; des témoignages et des récits de pratique autour de l’évaluation et leur analyse réflexive permettant de donner des outils à expérimenter mais aussi des cadres théoriques pour penser la manière dont l’évaluation peut nourrir l’apprentissage et devenir réellement formatrice.

Envoyez vos propositions de contributions sous forme de résumés de 5 à 10 lignes avant le 15 juillet 2020 aux deux coordinatrices qui vous accompagneront dans votre projet d’écriture :

isabel.pannier[at]cahiers-pedagogiques.com et sylvie.grau[at]cahiers-pedagogiques.com

(remplacer [at] par @)