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Apprendre au XXIe siècle

Les Cahiers pédagogiques pour apprendre

Avant-propos par Patrice Bride et Nicole Priou


«  Si t’apprends pas, t’as pas de vie.  » (Anissa, élève en école primaire) En quoi apprendre est-il constitutif de la vie humaine ? Cette question traverse l’histoire de notre revue, et nous avons saisi l’opportunité de ce symbolique n°  500 pour l’aborder explicitement. Opportunité également pour interroger notre projet éditorial, sa continuité. En quoi une revue pédagogique peut-elle être utile à ceux qui font apprendre, qui apprennent ?

Apprendre, c’est maitriser des techniques, des modalités d’action. Apprendre la musique, c’est déchiffrer une partition, acquérir le doigté nécessaire au maniement d’un instrument. En matière de pédagogie, les Cahiers ont toujours cherché à réfléchir aux menus gestes professionnels, aux problèmes concrets des situations d’apprentissage, au ras du quotidien, jusqu’à oser dans les années 80 du siècle précédent une rubrique «  Fichtre, des fiches   ».

Mais apprendre est aussi profondément culturel. La musique émeut, enthousiasme les individus, transporte les foules. Les Cahiers ont toujours ouvert leurs colonnes aux approches philosophique, psychanalytique, sociologique, politique des questions éducatives ; sans s’inscrire dans un courant idéologique précis, ils ont toujours été une revue de professionnels engagés dans leur métier, de militants animés d’une certaine vision de l’école, de l’éducation.

On apprend à plusieurs, dans un cadre collectif. Un musicien apprend grâce à un professeur, grâce à des partenaires, en écoutant d’autres musiciens. Un enseignant débutant s’inspire de ses collègues, s’initie à des approches nouvelles auprès de formateurs, d’universitaires, en lisant, par exemple des revues pédagogiques.

On apprend seul. Le musicien est seul son instrument à la main, face à sa partition. Un enseignant se forme en agissant dans la classe, en réfléchissant sur son métier, en écrivant sur ses pratiques. Dès leur premier numéro, les Cahiers se sont construits dans le projet que les lecteurs soient les premiers auteurs de la revue. Nous sommes bien sûr une revue à lire, un lieu de publication d’idées, de pratiques, mais aussi une revue à écrire, un espace où exposer à l’écrit ses projets et ses actions.

Apprendre, c’est s’appuyer sur des acquis, un patrimoine : à l’échelle individuelle, tout ce que je sais déjà ; à l’échelle collective, ce que les autres savent et peuvent m’apprendre. Je n’ai jamais soufflé dans une trompette, mais j’ai déjà entendu, apprécié l’instrument, vu quelqu’un d’autre en jouer. L’ensemble des numéros des Cahiers parus constitue un héritage à revisiter sans cesse, pour prendre la mesure de ce que l’on a appris depuis ses débuts dans le métier, de ce que d’autres ont encore à nous apprendre.

Apprendre, c’est se confronter à la nouveauté. Une nouvelle œuvre, une nouvelle partition. Une nouvelle approche de problèmes aussi anciens que l’erreur dans les apprentissages, la coopération entre élèves, l’utilisation de nouveaux outils comme les technologies numériques.

On ne cesse jamais d’apprendre. Le meilleur pianiste ne peut s’affranchir des gammes, ne peut prétendre à l’interprétation ultime. Aucun article, aucun dossier des Cahiers ne prétend établir de vérités définitives. L’aventure continue, dès le numéro  501, jusqu’au XXIIe siècle !