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Compte rendu

Le socle commun en débat

Dans la commission "La réussite scolaire pour tous", les représentants du CRAP ont défendu la démarche du socle commun, dans un contenu à redéfinir.


Après la première journée, le 10 juillet, au cours de laquelle les déclarations liminaires des différentes organisations présentes ont pris le pas sur les débats, lundi 16 et mardi 17 juillet, deux matinées ont été consacrées à la concertation autour du socle commun. Beaucoup de monde (plus de 50 participants), bien sûr des syndicalistes, membres d’associations, des inspecteurs (aux interventions souvent très pertinentes, il faut le dire) et, pour le CRAP-Cahiers pédagogiques, Philippe Pradel et Jean-Michel Zakhartchouk.

Après une introduction toujours très étayée sur le plan historique de Claude Lelièvre, les débats se sont engagés et, heureusement, ont plus d’une fois permis l’avancée d’idées intéressantes, dès lors qu’on quittait la langue de bois et les déclarations de principe. On peut dire qu’il y a accord pour remettre en cause la politique suivie ces dernières années, les incohérences et hypocrisies. Pour autant, il y a de profonds désaccords sur ce qu’il faut faire, même si les adversaires de l’idée de socle étaient loin d’être majoritaires, même si on a pu noter des nuances dans la critique et dans les propositions.

Nous reprenons ici juste quelques idées que nous avons défendues (nous avons eu un temps satisfaisant pour les exprimer, avec l’approbation de nombreux participants) :
- le socle commun, dans sa version actuelle, reste une « auberge espagnole » qui peut satisfaire ou insatisfaire tout le monde. Et pourtant, il doit continuer à s’appeler ainsi, avec son double sens : d’une part ce qui permet de continuer à apprendre, de l’autre ce qui est commun, ce qui donne du liant social et culturel dans notre société française du début du XXIe siècle.
Continuer à apprendre : c’est le critère pour déterminer ce qui est fondamental, ce dont on a besoin pour engranger des connaissances ou pour pouvoir les restituer.
Le socle comme levier, tremplin, base d’envol. Ce qui renvoie à la distinction chère à Claude Lelièvre de l’élémentaire et du rudimentaire.
Le socle commun donne les éléments pour pouvoir apprendre tout le long de la vie. Mais il est donc « commun » : ce qui cimente, ce qui unifie autour de valeurs et autour d’un patrimoine. Non pas dans une
logique de notaire, qui serait inefficace, mais en intégrant tout un aspect éducatif, d’où l’importance des piliers compétences 6 et 7 (qui ont été remises en cause par certains participants), ou encore un indispensable développement de la créativité.
- La loi d’orientation doit envoyer un signal fort en engageant la pérennisation du socle commun, afin de vaincre le scepticisme et de surmonter les errances des ministères sur cette question depuis 2005.
- Contrairement à ce qui est dit parfois, on est maintenant assez d’accord pour définir ce que peut être l’acquisition de compétences : rien d’autre que la capacité à mobiliser des ressources, qui peuvent être des connaissances, qui sont nécessairement des connaissances…
- La réflexion nécessaire sur les curriculums, la formation initiale et continue, l’évaluation n’est peut-être pas suffisante pour une mise en œuvre. Il faut sans doute aussi se pencher sur la définition du métier, et sur une éventuelle alternative à la classe comme seule unité d’organisation des enseignements.
- La non-compensation des compétences implique de se pencher sur les pratiques : l’accompagnement des élèves et la différenciation pédagogique occupent alors une place importante dans les
pratiques professionnelles et ces deux éléments doivent devenir la pierre angulaire de la formation des enseignants.
- Sur la question de l’évaluation : critique du livret personnel de compétences tel qu’il est, mais pas du principe d’un Livret, et pas de critique du LPC sans conjointement une critique du système actuel de
notation ! Suppression du DNB, inutile et chronophage. Il faut combiner un pilotage national clair et une autonomie des équipes qui doivent pouvoir construire des outils de suivi. Il peut y avoir des épreuves écrites ou orales quelque peu normalisées, sur le modèle de l’histoire des arts par exemple, et en faisant appel à des situations complexes et à la transversalité des disciplines pour une partie significative.

Les débats continuent dans ce même groupe de travail autour de l’école primaire, du collège, des décrochages… à partir du 20 aout. Nous y serons dans la mesure du possible. A suivre !

Philippe Pradel, Jean-Michel Zakhartchouk