Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Le confinement, c’était comment ?


Les Cahiers pédagogiques sont une revue associative qui vit de ses abonnements et ventes au numéro.
Pensez à vous abonner sur notre librairie en ligne, c’est grâce à cela que nous tenons bon !

Paroles d’élèves

Le confinement, c’était comment ?

Témoignages

21 septembre 2020

L’épidémie de Covid-19 est toujours là, elle inquiète et fait beaucoup parler. La « menace » d’un nouveau confinement n’est pas écartée. Mais c’était comment, déjà le confinement ? Témoignages d’élèves de 1ère de l’année dernière, et de leur professeure principale au lycée Rimbaud d’Istres (Bouches-du-Rhône).


L. n’a pas très bien vécu ce confinement, il a eu du mal à être motivé : « Pendant ce confinement, je me suis senti un peu perdu, sans but réel avec des humeurs plutôt changeantes avec le temps, j’ai aussi trouvé que tous les jours étaient identiques. »

C., elle, est restée positive : « Nous sommes passés par beaucoup d’émotions durant ce confinement, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, mais selon moi il a aussi été très bénéfique car il nous a permis de nous poser, mais surtout de découvrir une nouvelle manière d’apprendre et surtout de nous mettre à l’épreuve sur la manière de nous organiser et de continuer à prendre chaque cours. »

Il est vrai que, comme le pense A., « ce confinement a séparé familles et amis et a rendu plus difficile l’apprentissage mais grâce aux nouvelles technologies, nous ne nous sommes jamais quittés et nous avons pu rester connectés quelle que soit la distance ».

De son côté, O. l’a pris tel un défi : « J’ai tout d’abord été inquiète par rapport à l’école mais j’ai apprécié le fait de pouvoir me retrouver face à moi-même. »

Et L. s’est senti plus autonome : « J’’ai pu avancer à mon rythme pendant le
confinement. »

C., elle, a testé les sentiments oxymoriques : « Pendant le confinement j’ai ressenti beaucoup d’émotions différentes, j’ai d’abord été contente, calme, puis j’ai ressenti de la colère et de l’attente. »

Quant à L., entre ennui et changement, son cœur balance : « Pendant le confinement je me suis beaucoup ennuyée, j’ai eu aussi l’occasion de découvrir que je suis myope de l’œil droit, j’ai donc désormais des lunettes, j’ai aussi pris la décision de me couper courts les cheveux, j’ai un carré désormais, j’ai donc beaucoup changé pendant cette période, en mieux ! »

G. l’a vécu comme quelque chose de mystérieux, sans vraiment de logique : « Le confinement a été une période assez étrange, il a été long mais aussi rapide car aujourd’hui quand j’y pense je n’ai presque aucun souvenir comme si cette période n’avait pas existé, peut-être à cause de la routine ? »

Pour M., il y a eu aussi cette ambivalence : « Pour moi, ce confinement a été une source de stress face aux conditions sanitaires et au nombre croissant de malades dans le monde, mais il m’a aussi permis de me retrouver, de retrouver ma famille et de m’épanouir dans de nouvelles activités (sportives, artistiques) que j’ai partagé à distance avec mes amis. »

A. y voit, elle aussi, quelque chose de positif : « Ce confinement m’a fait prendre conscience de la valeur inestimable d’avoir une famille sur qui nous pouvons compter. » Tout comme V., d’ailleurs : « Le confinement a créé des rapprochements familiaux inattendus. »

Ou encore L. : « Ce confinement m’a permis de me recentrer sur moi-même et de réaliser l’importance de la présence de mes proches. »

R. y voit aussi un bien plus large : « Bien que ce confinement ait été pénible, il a tout de même été bénéfique sur certains points : il nous a permis de nous prendre en mains seuls et a fait du bien à la planète. »

C., elle aussi, en a profité pour se recentrer : « Je trouve que c’est une période qui a été assez particulière et difficile. Néanmoins ce confinement m’a permis de faire un retour sur moi-même qui, je pense, était nécessaire cette année. »

R., lui, a eu une relation particulière avec le temps : « Je n’ai pas vu le temps passer. »

Et L., résume en un mot son ressenti : « Si je devais décrire en un seul mot mon année au sein de cette classe, avec vous, je dirais : la solidarité. »

Cette période a donc été ambivalente, oxymorique, contradictoire, inédite, originale, particulière, indéfinissable, indicible, inconnue, inattendue, profitable, bénéfique, annonciatrice, et tant d’autres adjectifs qui pourraient la qualifier.

Mais elle nous aura permis d’innover, de nous dépasser, de rester en lien, de nous soutenir, de développer notre capacité à aider, comprendre, écouter et aimer l’autre. Elle nous aura permis d’être le plus proche possible de ce que les textes nous ont appris. Elle nous aura liés pendant un super cours dont je me souviendrai toute ma vie : celui où vous avez analysé le tableau d’Aude Matéos en direct, en classe virtuelle, et que cette artiste était en train de vous écouter sans que vous ne le sachiez : et quel échange ensuite entre elle et vous ! Elle s’en souvient encore et m’en parle souvent !

De mon côté, ce confinement et cette année de façon plus large m’aura permis de confirmer mon espoir et ma confiance en cette nouvelle génération à laquelle vous appartenez ! Je vous sais forts, intelligents, formés, inventifs, curieux, ambitieux, motivés, altruistes, solidaires, performants, confiants, riches en idées et en humanité. Alors je vous dis un grand Merci !

Anne-Marie Lafont
Professeure de lettres modernes en lycée


D’autres témoignages d’élèves d’Anne-Marie Lafont, en forme d’exercice littéraire, sont à lire dans le numéro 563 des Cahiers pédagogiques (parution fin septembre).

À lire également sur notre site :

Priorité à la parole, par Jean-Charles Léon

Et la parole des adultes ? Par Jean-Charles Léon

Puisque vous êtes ici…

Les Cahiers pédagogiques sont une revue associative, qui est écrite et conçue par des militants. Plus de trois cents autrices et auteurs rédigent chaque années plusieurs centaines d’articles qui figurent dans les huit numéros de la revue, les hors-séries numériques, les Petits cahiers et le site que vous êtes en train de consulter. Vous venez de lire un article en accès libre.

C’est aussi une association à but non lucratif indépendante de tout pouvoir politique ou syndical, le CRAP (Cercle de recherche et d’action pédagogiques), qui emploie sept salariés dont la tâche principale est de permettre la réalisation de nos publications. Notre indépendance permet de faire vivre un débat pédagogique pluraliste que nous voulons fécond.

Les ressources de l’association et de la revue sont essentiellement constituées des adhésions, des abonnements et de partenariats avec des partenaires de l’éducation.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Les Cahiers pédagogiques ont rarement publié autant d’articles, de revues, de livres qu’en ce moment mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés et sont fragilisés par la crise qui secoue le monde actuellement.

Si toutes les personnes qui visitent notre site, lisent et apprécient nos articles en accès libre nous soutiennent financièrement d’une manière ou d’une autre, la vie des Cahiers pédagogiques sera grandement favorisée.

Vous pouvez vous abonner à la revue, acheter un ou des numéros, adhérer à l’association, faire un don (ou toute combinaison d’une, deux ou trois des ces actions). Vous avez le super pouvoir de soutenir les Cahiers pédagogiques — et cela ne prend que très peu de temps !

Notre librairie en ligne


 Les Cahiers pédagogiques sont une revue associative. Pour nous permettre de continuer à la publier, achetez-la, abonnez-vous et adhérez au CRAP.