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L’actualité éducative du N°432 d’avril 2005

Le Crap sur tous les fronts

Paroles du CRAP

L’actualité a été chargée en février et le CRAP-Cahiers pédagogiques a été amené à prendre position, seul ou avec d’autres partenaires, sur un certain nombre d’événements. Voici un bref compte rendu : les textes complets, trop longs et nombreux pour figurer ici, sont accessibles sur le site www.cahiers-pedagogiques.com à la rubrique « L’actualité vue par le CRAP et les Cahiers ».

La dictée
Le collectif « Sauver les lettres » a réussi un coup médiatique en proposant à des élèves de 2de une dictée qui prouverait que la niveau en orthographe est devenu catastrophique : annonce que la presse a reprise sans guère de recul critique. Pour le CRAP-Cahiers pédagogiques, les difficultés que représente l’apprentissage de l’orthographe méritent plus de sérieux et une analyse rigoureuse. Avant d’y revenir plus solidement dans un Cahier prévu pour mars 2006, nous avons tenu à répondre tant sur la forme (un « test » empirique sans méthodologie scientifique) que sur le fond : l’efficacité de l’école et la nécessité d’une pédagogie de l’orthographe adaptée à l’époque actuelle.

La loi d’orientation
L’actualité, c’est surtout la discussion parlementaire sur la loi d’orientation et le mouvement lycéen. Nous avions critiqué dès le début le projet de loi, très éloigné des conclusions du rapport Thélot et d’inspiration très conservatrice. Nous avions fait dès octobre des propositions alternatives dans un texte signé par treize organisations (voir le n° 428 où ce texte a été publié). Considérant que le projet Fillon pouvait au moins être amendé (rêver qu’il soit retiré devant les oppositions qu’il suscitait eût été irréaliste...), nous avons rencontré des élus de divers bords pour leur expliquer les idées auxquelles nous tenons. Avec la quasi-totalité des signataires précédents (et avec en plus les deux grandes fédérations de parents d’élèves), nous avons rappelé nos exigences dans un court texte que vous trouverez sur le site sous le titre « Nous voulons une école où chaque jeune pourra construire son avenir ». À l’heure où nous écrivons, nous ne savons pas quelle sera l’utilité du débat parlementaire pour améliorer la loi : d’ailleurs, le gouvernement vient de décider d’une procédure « d’urgence » pour en finir rapidement avec ledit débat. Notons la contradiction entre l’ambition de faire une grande loi pour l’école, de permettre aux élus de la nation de dire quelle école veut notre pays pour ses enfants, et une décision qui vise à écourter le débat - n’hésitons pas à dire : « à l’escamoter » ?

L’évolution du bac
Les passages de la loi consacrés à l’évolution du bac ont cristallisé, au départ, le mécontentement des lycéens, même si leurs revendications dépassent ce seul problème ; sous leur pression, la question du bac est sortie de la loi. Reste qu’il faudra bien traiter ce chantier. On ne peut guère défendre le statu quo du bac, mais la proposition ministérielle, fort timide au reste, n’est pas la seule alternative : on pourrait profiter d’une modification du nombre et de la forme des épreuves pour évaluer autrement des compétences qui ne le sont pas actuellement. Par ailleurs, le contrôle en cours de formation, dans les sections où il existe déjà, n’a pas créé d’inégalités entre établissements ni ouvert la voie du libéralisme et de la marchandisation des diplômes. On trouvera également sur le site un texte du bureau du CRAP-Cahiers pédagogiques sur la réforme du bac.

Les TPE
Et nous continuons à nous mobiliser pour le rétablissement des TPE [1] en terminale. Leur prise en compte au bac annoncée par le ministre est une première victoire, car ce n’était pas prévu au départ, mais cette mesure manque de cohérence dans la mesure où il faut bien deux ans pour se former à ce type de dispositif.
Le système éducatif reste à transformer en profondeur avec l’objectif de la réussite de tous. La loi actuellement discutée n’est pas porteuse des évolutions nécessaires pour le système scolaire comme pour les métiers de l’enseignement. Pour attristant qu’il soit, ce constat ne nous rend ni sceptiques envers toute possibilité de réforme (ce sera pour la prochaine !) ni désabusés quant aux possibilités d’action, qui restent multiples, et se nourrissent d’échanges et de réflexions que le CRAP et les Cahiers contribuent pour leur part à entretenir.

Le bureau du Crap-Cahiers pédagogiques, le 18 février 05.


[1Pour s’informer sur la suite de ce combat, se reporter à http://www.tpe-petition.net