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Recension parue dans le N° 371 de février 1999

L’école unique (de 1914 à nos jours)

Jean-Michel Barreau, Jean-François Garcia, Louis Legrand, PUF, coll. Pédagogues et pédagogies, 1998, 128 pages

18 février 1999


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Les réformes qui visent à instaurer dans l’école plus d’égalité menacent-elles le niveau, celles qui visent à instaurer par l’école plus d’égalité menacent-elles la société ? Ces débats ne sont pas nouveaux, et tout le siècle a été traversé par la question de l’école unique. Il ne s’agit pas ici de la question de l’enseignement privé, mais de savoir si les structures scolaires doivent refléter (et produire) les divisions sociales. J.-M. Barreau et J.-F. Gracia, à partir des Compagnons de l’Université nouvelle au lendemain de la guerre de 1914, retracent la difficile unification de l’enseignement primaire, puis la mise en question de la dualité entre le secondaire et le primaire supérieur. Mais, sur quel modèle unifier ce qui était séparé ? Paradoxalement, c’est Carcopino, ministre de Pétain, qui intègre les écoles primaires supérieures dans le secondaire ; mais les cours complémentaires restent à part, et la question doit être reprise quinze ans plus tard. L. Legrand retrace, "plus en acteur qu’en historien" - ce qui n’enlève rien, au contraire, à l’acuité de son propos - la difficile émergence du collège unique, et la difficulté à prendre en compte la diversité des élèves sans que cela camoufle une ségrégation ; le rappel des édulcorations subies par les propositions de son rapport à Alain Savary et l’analyse des diverses oppositions, de "républicains", de libéraux, ou simplement d’"acteurs" qui n’imaginent pas que l’on puisse jouer une autre pièce, sont singulièrement d’actualité. Comme toujours dans cette collection, la moitié du livre est un choix de textes, difficiles à trouver (il y manque à mon avis le texte d’Alexis Bertrand, L’Égalité devant l’instruction, paru dans les Cahiers de la quinzaine en 1904), mais qui éclairent bien les débats d’aujourd’hui.

Jacques George


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